Méthodologie Scrum : c’est quoi ?

méthodologie scrum

Dans la famille des méthodologies agiles, ce nouveau paradigme qui est arrivé il y a quelques décennies pour rester, la méthodologie Scrum est le membre le plus éminent. Sans aucun doute, Scrum est celui qui a conquis le plus d’entreprises et qui s’est le mieux positionné dans le monde des affaires.

Ce modèle change radicalement la façon dont les gens travaillent : il accorde une plus grande valeur aux activités de collaboration et d’équipe. Il s’agit d’une manière créative et pratique d’aborder les processus impliqués dans un projet, afin de les rendre plus fluides et plus rapides.

À quoi sert ce modèle ? À quoi sert la méthodologie Scrum ? À quels projets peut-elle être appliquée ? C’est tout cela et bien plus encore que nous allons voir ci-dessous.

Qu’est-ce que la méthodologie Scrum ?

La méthodologie Scrum est un système de travail en équipe, dont l’objectif est de fournir de la valeur au client. Le terme Scrum vient du rugby et désigne un style de travail dans lequel les projets sont divisés en petits blocs, appelés sprints, afin que la phase précédente soit revue et améliorée.

Le processus Scrum applique un ensemble de bonnes pratiques pour travailler en collaboration au sein d’une équipe, afin d’obtenir le meilleur résultat possible. Elle fait partie des méthodologies agiles et est la plus aboutie de son genre.

La méthodologie Scrum offre d’excellents résultats, notamment dans les projets très complexes ou ceux qui nécessitent l’exécution simultanée de plusieurs activités. De même, dans les projets où il est nécessaire d’atteindre les objectifs dans les plus brefs délais, de manière flexible et dans le but de satisfaire les besoins du client.

D’autre part, l’application de cette méthodologie peut s’avérer très pratique pour les projets dans lesquels il y a des problèmes de délais de livraison, la qualité n’est pas acceptable ou le client ne reçoit pas ce dont il a besoin.

L’origine de la méthodologie scrum

Comme nous l’avons déjà noté, le mot mêlée vient du rugby et est en principe lié à une lutte physique pour le ballon de jeu. Ce terme a été introduit par Ikujiro Nonaka et Hirotaka Takeuchi dans les années 1980. Ils ont mené une étude sur la manière dont de grandes entreprises telles que Fuji-Xerox, Canon, Honda, Brother, 3M et d’autres développent des produits.

Ils ont publié un article intitulé The New Game for Product Development en 1986. Le texte est paru dans la Harvard Business Review et a jeté les bases de ce qui deviendra plus tard la méthodologie Scrum.

Plus tard, en 1993, Jeff Sutherland et son équipe d’Easel Corporation ont adapté la méthodologie Scrum au développement de logiciels. C’est pourquoi ce système est également connu sous le nom de méthodologie de développement logiciel Scrum. La vérité est qu’aujourd’hui, elle s’applique à pratiquement tous les domaines de l’entreprise et à tous les types de projets.

Caractéristiques de la méthodologie Scrum

En termes généraux, la méthodologie Scrum repose sur trois piliers ou caractéristiques principales : la transparence, l’inspection et l’adaptation. Voyons voir :

Organisation autonome

Dans cette méthodologie, chaque équipe peut décider de manière autonome de ses objectifs et de la manière dont elle doit fonctionner pour les atteindre. Les objectifs devraient être de plus en plus complexes, car on s’attend à ce qu’il y ait une évolution ascendante menant à une « grande découverte ».

Des processus flexibles

Bien que la méthodologie offre des lignes directrices de base, elle ne propose pas de processus rigide, mais s’attend plutôt à ce que l’activité et le mode de fonctionnement coulent de manière créative. Cela facilite l’émergence de réponses plus originales.

Développement simultané

Dans la méthodologie Scrum, il n’y a pas d’horaires fixes ou compartimentés, de sorte que plusieurs personnes peuvent travailler simultanément sur le même projet, avec des temps et des rythmes différents.

Bien que cela implique un plus grand risque, l’objectif de ce système est de produire une intégration plus créative entre différents points de vue et donc de produire des réponses beaucoup plus innovantes.

Apprentissage multiple

Ce système encourage l’apprentissage individuel continu à partir de la recherche sur l’environnement. À son tour, cet apprentissage est partagé au sein de l’équipe, de sorte que chacun s’enrichit d’autres perspectives. Cela renforce les connaissances du groupe et facilite le chemin vers la découverte de quelque chose de nouveau.

Multiplication de l’apprentissage

La méthodologie Scrum a un effet de contagion qui finit par imprégner l’ensemble de l’organisation. Elle peut donc commencer par un domaine spécifique, mais il est ensuite possible qu’elle devienne une méthode de travail générale, de manière relativement naturelle.

Rôles, phases et artefacts dans la méthodologie Scrum
Main d’un homme avec des autocollants sur un panneau de Scrum

La méthodologie Scrum définit les rôles des personnes impliquées dans un projet. Il définit également des étapes précises dans le développement de l’œuvre et définit des outils adaptés pour faire avancer le processus. Nous allons maintenant examiner chacun de ces aspects.

Rôles dans la méthodologie Scrum

Dans la méthodologie de développement Scrum, il y a trois rôles principaux et un rôle auxiliaire. Les principaux rôles sont les suivants : le propriétaire du produit, le maître de mêlée, ou facilitateur, et l’équipe de développement. Le rôle auxiliaire comprend les parties prenantes, ou les personnes intéressées par le projet d’une manière ou d’une autre. Examinons le rôle de chacun d’entre eux.

Product owner

La fonction centrale du product owner est de servir d’interlocuteur entre le client, l’équipe et toutes les parties prenantes du projet. Pour la même raison, cette personne est chargée de gérer le Backlog de produit. Ce dernier est une liste ordonnée et hiérarchisée des exigences du client.

Une seule personne peut être le propriétaire du produit. Il/elle doit avoir une bonne connaissance de l’activité et peut faire partie ou non de l’équipe de développement. Son but ultime est de maximiser la valeur du groupe de travail.

Scrum Master ou facilitateur

Le scrum master est chargé de faire en sorte que l’organisation comprenne et applique les techniques Scrum. Son travail consiste à identifier et à résoudre les obstacles ou les difficultés dans la mise en œuvre de la méthodologie Scrum. En bref, il élimine les obstacles qui empêchent l’équipe d’atteindre ses objectifs.

Le scrum master est également chargé de constituer les équipes et de servir d’animateur dans toutes les réunions. Comme dans le cas précédent, son travail consiste à s’assurer que le processus Scrum apporte une valeur ajoutée au travail effectué.

Équipe de développement

Il s’agit du groupe de personnes chargées de développer les tâches requises et priorisées par le propriétaire du produit. Il doit s’agir d’une équipe pluridisciplinaire et autorisée, de préférence ne dépassant pas 10 personnes.

Les sous-équipes ne sont pas formées dans cette équipe et, par conséquent, elles sont responsables comme s’il s’agissait d’une seule personne.

Parties prenantes

Dans ce rôle d’auxiliaire se trouvent tous ceux qui ont un intérêt dans le projet et restent en tant qu’observateurs dans le développement du travail. Il peut s’agir de clients, de gestionnaires, de sponsors, d’experts ou de tiers. Finalement, leur avis est pris en compte, notamment lors de la révision ou de l’évaluation du processus.

Phases de la méthodologie Scrum

La méthodologie Scrum comporte plusieurs phases dans sa mise en œuvre. Chacun d’entre eux correspond à une partie du processus. Ce sont ces phases qui transforment ce modèle en une structure fonctionnelle.

Au sein de cette méthodologie, il y a un concept essentiel appelé sprint, qui en anglais serait quelque chose comme une accélération, ou un changement de rythme, soudain et court. Cependant, on le traduit par itération, c’est-à-dire par répétition ou réitération. Le sprint est le cœur de ce système et marque toutes les étapes du modèle Scrum.

Un sprint est comme le conteneur ou le cadre qui comprend les jalons du projet. Il ne peut durer plus d’un mois et sa durée dépend du retour d’information obtenu du client. À la fin d’un sprint, un autre sprint est lancé, jusqu’à ce que toutes les tâches soient terminées et que les objectifs du projet soient atteints.

Maintenant, quelles sont les phases de la méthodologie Scrum ? Il y en a quatre : la planification du sprint, ou réunion de planification ; la réunion quotidienne, ou réunion de synchronisation quotidienne de l’équipe ; la révision du sprint, ou réunion de révision ; et la rétrospective du sprint, ou rétrospective du processus. Examinons chacune de ces étapes.

Femme présidant la réunion de planification de la méthodologie Scrum

Réunion de planification du sprint

Il s’agit de la première réunion, où l’équipe définit l’objectif du sprint et décide des tâches à effectuer. Pour un sprint d’un mois, cette réunion ne devrait pas durer plus de 8 heures. Au cours de cette session, les points suivants doivent être établis :

Définissez les tâches et les personnes qui les accompliront. Il s’agit de définir les rôles des équipes et les tâches qui leur sont assignées.
Décidez où et quand, c’est-à-dire le calendrier et le contenu du sprint.
Indiquez pourquoi et comment les différents outils de cette méthodologie seront utilisés.
Le résultat final doit être un objectif de sprint. C’est-à-dire un objectif unique qui doit être atteint, sur la base du Backlog de produit ou de la liste de produits. De même, un backlog de sprint, ou liste de tâches de sprint, doit être obtenu à la suite de cette réunion.

Réunion quotidienne, ou réunion de synchronisation quotidienne de l’équipe

Il s’agit d’une réunion qui devrait avoir lieu tous les jours, avec une durée maximale de 15 minutes. L’équipe de développement et le scrum master doivent y assister, mais il n’est pas nécessaire que le propriétaire du produit soit présent.

Il convient de répondre aux questions suivantes lors de chaque réunion :

  • Qu’est-ce qui a été fait hier ?
  • Qu’est-ce qui sera fait aujourd’hui ?
  • Existe-t-il des goulets d’étranglement qui doivent être résolus ?
  • Cette réunion est le principal espace de suivi. Il permet d’inspecter les tâches et de définir un changement de cap, si le besoin s’en fait sentir.

Révision du sprint, ou réunion de révision

Il s’agit d’une réunion qui a lieu à la fin de chaque sprint et dont la durée maximale est de 4 heures pour un sprint d’un mois. L’objectif est d’examiner la valeur à fournir au client et le client peut, et doit, être présent.

L’homme devant le tableau dirige la réunion d’examen du projet.

Cet espace est à la charge du propriétaire du produit, qui doit présenter au client ce qui a été développé, tandis que l’équipe de développement présente les performances ou les détails du résultat. De son côté, le client doit valider ou non le résultat et formuler d’éventuelles objections ou demandes. Ils seront ajoutés au Backlog de produit.

Rétrospective du sprint, ou rétrospective du processus

C’est la dernière réunion et elle a une durée de 3 heures pour un sprint d’un mois. L’objectif est d’évaluer comment la méthodologie Scrum a été appliquée. Il est important d’enregistrer la liste des améliorations à mettre en œuvre pour le prochain sprint et de procéder aux auto-évaluations correspondantes.