Le PER est-il vraiment intéressant ou pas? Notre réponse sans langue de bois

Le PER est-il vraiment intéressant ou pas?

Vous avez 55 ans, un vieux PERP qui dort depuis 10 ans avec 30 000 euros dessus et vous vous demandez si vous devriez l’oublier ou le transformer en PER. Ou peut-être n’avez-vous aucun placement retraite et vous hésitez à franchir le pas maintenant. Cette question, des milliers de Français se la posent chaque année. Selon les dernières données du marché, le plan épargne retraite a collecté 100 milliards d’euros en seulement 3 ans et compte aujourd’hui 11 millions de titulaires. Mais cela ne veut pas dire que c’est fait pour tout le monde. Dans cet article, on vous dit la vérité sur le PER, avec des simulations concrètes selon votre profil et surtout les cas où il vaut mieux l’éviter.

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En résumé : le PER est-il fait pour vous ?

Le plan épargne retraite n’est pas un passage obligé et tous les profils n’en ont pas besoin. Voici ce qu’il faut retenir avant toute décision. Le PER est vraiment intéressant si vous êtes dans une tranche marginale d’imposition à 30%, 41% ou 45% et que vous avez un horizon de placement supérieur à 10 ans. Dans ce cas, l’avantage fiscal à l’entrée peut vraiment faire la différence et vous permettre d’économiser plusieurs milliers d’euros sur la durée. À l’inverse, le PER n’est pas intéressant si votre taux marginal d’imposition est de 11% ou moins, si vous avez besoin de liquidités à court terme, ou si vous possédez déjà un PERP ou un Madelin avec des garanties avantageuses qu’on ne retrouve plus aujourd’hui.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, le PER n’est pas juste un outil de défiscalisation. C’est d’abord un outil pour préparer sa retraite par capitalisation, dans un contexte où le système par répartition montre ses limites. Comme le rappelle Benoît Berchebru, directeur de l’ingénierie patrimoniale chez Astoria et auteur du livre « Tout savoir sur le PER individuel », un euro que vous versez dans le PER est un euro que vous êtes pratiquement sûr d’avoir à la fin, contrairement aux cotisations de retraite par répartition qui servent à financer les pensions actuelles.

Le deuxième point essentiel concerne l’utilisation des plafonds de déduction. Tous les plafonds ne doivent pas forcément être utilisés en totalité. Si vous effacez votre tranche d’imposition à 11% alors que votre taux moyen à la retraite sera de 18 ou 20%, vous allez payer plus d’impôts à la sortie que ce que vous avez économisé à l’entrée. Cette erreur de calcul peut vous coûter cher. Le PER assurance est largement supérieur au PER bancaire. Pourquoi ? Parce qu’il donne accès aux fonds euros avec capital garanti, permet une clause bénéficiaire personnalisable et offre une fiscalité plus avantageuse en cas de décès du conjoint.

La transformation d’un ancien PERP ou Madelin vers le PER n’est pas toujours une bonne idée, contrairement à ce que beaucoup de conseillers affirment. Si votre encours est inférieur à 18 000 euros, vous bénéficiez d’une taxation à la sortie de 7,5% sur le PERP contre 29,9% sur le PER. Si vous avez une table de mortalité garantie ancienne ou un taux technique garanti, vous avez tout intérêt à conserver votre ancien contrat. Enfin, bonne nouvelle sur le plan législatif. Le débat sur la clôture obligatoire du PER à la retraite a été abandonné fin 2025. Votre PER reste donc ouvert indéfiniment et vous gardez la liberté de le dénouer quand vous le souhaitez.

Qu’est-ce qu’un plan épargne retraite (PER) ?

Le plan épargne retraite est un produit d’épargne créé par la loi Pacte de mai 2019 pour remplacer et simplifier les anciens dispositifs comme le PERP, le Madelin ou l’article 83.

Son objectif est de vous permettre de vous constituer un complément de revenus pour la retraite tout en bénéficiant d’un avantage fiscal immédiat sur vos versements. Concrètement, chaque euro que vous versez sur votre PER est déduit de votre revenu imposable dans la limite de plafonds définis. À la retraite, vous récupérez votre capital sous forme de capital, de rente viagère ou d’un mélange des deux.

Le PER existe sous trois formes distinctes.

Le PER individuel que vous ouvrez vous-même auprès d’une banque, d’un assureur ou d’un courtier en ligne.

Le PER collectif mis en place par votre entreprise et alimenté par l’épargne salariale comme l’intéressement ou la participation.

Et le PER obligatoire également proposé par l’entreprise mais avec des versements obligatoires prélevés sur votre salaire. Pour simplifier la compréhension, le PER fonctionne avec trois compartiments.

Le compartiment 1 regroupe vos versements volontaires individuels, c’est vous qui décidez combien et quand vous versez. Le compartiment 2 contient l’épargne salariale versée par votre entreprise, c’est-à-dire l’abondement, l’intéressement et la participation. Le compartiment 3 rassemble les versements obligatoires des anciens articles 83, c’est votre entreprise qui cotise pour vous automatiquement.

La grande différence avec les anciens PERP et Madelin, c’est la possibilité de sortir en capital à la retraite et non plus uniquement en rente viagère. Vous pouvez également débloquer votre épargne de manière anticipée pour l’achat de votre résidence principale, ce qui n’était pas possible avec le PERP sauf conditions très strictes.

En termes de chiffres, le marché du PER connaît une croissance exceptionnelle. Selon les dernières données de 2025, l’encours total atteint 125 milliards d’euros répartis entre 11 millions de titulaires. La croissance moyenne depuis 2020 s’élève à 60% par an, ce qui témoigne de l’intérêt croissant des Français pour l’épargne retraite par capitalisation. À titre de comparaison, l’assurance vie pèse 2 000 milliards d’euros, ce qui signifie que le PER représente désormais 6% du marché de l’épargne longue.

Le PER individuel représente à lui seul 68,1 milliards d’euros pour 4,1 millions de titulaires. Le PER collectif totalise 27,2 milliards d’euros et le PER obligatoire 23,6 milliards d’euros. Cette répartition montre que les Français privilégient massivement les versements volontaires plutôt que l’épargne salariale ou les cotisations obligatoires. Pour l’État, la dépense fiscale liée au PER représente entre 1,2 et 1,5 milliard d’euros par an selon le rapport de la Cour des comptes de 2024. Ce montant correspond aux économies d’impôts réalisées par les épargnants grâce aux déductions de leurs versements.

Pourquoi ouvrir un plan épargne retraite ?

L’avantage fiscal à l’entrée

L’argument fiscal reste la motivation principale pour ouvrir un PER. Chaque euro versé est déduit de votre revenu imposable, ce qui génère une économie d’impôt immédiate proportionnelle à votre taux marginal d’imposition. Si vous êtes imposé à 11%, vous économisez 11 centimes par euro versé. Si vous êtes à 30%, vous économisez 30 centimes. À 41%, vous gagnez 41 centimes et à 45%, vous récupérez 45 centimes pour chaque euro investi.

Prenons un exemple concret. Vous versez 10 000 euros sur votre PER et votre taux marginal d’imposition est de 30%. Votre économie d’impôt immédiate s’élève à 3 000 euros. Cette somme vient directement réduire votre impôt sur le revenu l’année suivante. Si votre TMI est de 45%, la même opération vous fait économiser 4 500 euros. Sur plusieurs années, ces économies peuvent représenter des montants considérables.

Les plafonds de déduction pour 2026 varient selon votre statut professionnel. Si vous êtes salarié, vous pouvez déduire jusqu’à 37 094 euros par an, ce qui correspond à 10% de vos revenus avec un maximum fixé à 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale.

Le PASS 2026 est estimé à 48 060 euros mais reste soumis à validation par arrêté. En plus de ce plafond annuel, vous pouvez également aller chercher les trois plafonds des années antérieures si vous ne les avez pas utilisés. Cela signifie qu’en théorie, un salarié peut déduire jusqu’à 148 376 euros en une seule année s’il cumule les quatre plafonds disponibles.

Pour les travailleurs non-salariés, le calcul est différent. Vous bénéficiez d’un double plafond selon l’article 154 bis du Code général des impôts.

Vous pouvez déduire 10% de vos revenus professionnels avec un maximum de 8 PASS, plus 15% supplémentaires calculés sur vos revenus dépassant 1 PASS dans la limite de 7 PASS. Concrètement, sur des revenus de 350 000 euros, votre plafond de déduction 2026 atteint 87 135 euros.

La particularité pour les TNS, c’est que la première année où vous commencez à faire de l’épargne retraite, vous pouvez cumuler votre plafond 154 bis avec les plafonds des trois années antérieures calculés selon l’article 163 quater. Ce cumul exceptionnel peut vous permettre de déduire jusqu’à 220 000 euros la première année, ce qui représente une économie fiscale potentielle de 99 000 euros si vous êtes dans la tranche à 45%.

L’avantage fiscal à l’entrée sera repris à la sortie, sauf en cas de décès. Cela signifie que si vous déduisez 10 000 euros aujourd’hui et que vous économisez 3 000 euros d’impôt, ces 10 000 euros seront réintégrés dans votre revenu imposable au moment où vous les récupérerez à la retraite. Si votre taux marginal à la retraite est de 30%, vous paierez 3 000 euros d’impôt et l’opération sera neutre. Si votre taux est de 15%, vous ne paierez que 1 500 euros et vous aurez gagné 1 500 euros nets. Mais si votre taux est de 41% à la sortie alors qu’il était de 30% à l’entrée, vous perdrez de l’argent.

Un cas particulier mérite d’être mentionné pour son efficacité fiscale exceptionnelle. En présence de revenus exceptionnels comme une cession d’entreprise, un gros bonus discrétionnaire ou une prime de départ à la retraite, le système du quotient fiscal peut générer un effet multiplicateur sur l’économie d’impôt.

Le principe est le suivant. Lorsque vous percevez un revenu exceptionnel qui dépasse la moyenne de vos trois dernières années de revenus, l’administration fiscale applique le système du quotient pour limiter la progressivité de l’impôt. Elle prend un quart de votre revenu exceptionnel, le soumet au barème, calcule le différentiel d’impôt et multiplie ce différentiel par quatre.

La particularité découverte par les experts, c’est que lorsque vous versez sur un PER en présence d’un revenu exceptionnel, votre versement vient s’imputer sur le quart du revenu exceptionnel. Résultat, l’économie fiscale est également multipliée par quatre.

Concrètement, sur une cession d’entreprise de 3 millions d’euros avec une rémunération habituelle de 50 000 euros, un versement de 10 000 euros sur un PER peut générer une économie fiscale de 9 000 euros, soit 90% du montant versé au lieu des 45% habituels. Sur certains profils avec une rémunération très basse et un revenu exceptionnel très élevé, l’économie fiscale peut même atteindre 150 à 180% du montant versé. Sur certains profils, on peut avoir des effets multiplicateurs à 150-180%. C’est parfaitement légal, c’est le système de l’administration fiscale. »

La préparation active de votre retraite

Au-delà de l’aspect fiscal, le PER sert avant tout à préparer votre retraite par capitalisation. Dans un contexte où le système par répartition montre ses limites avec une démographie vieillissante et un ratio actifs-retraités qui se dégrade, constituer son propre capital retraite devient indispensable.

Aujourd’hui, un euro que vous cotisez pour la Sécurité sociale ne vous est pas réservé. Il sert à payer les pensions des retraités actuels. Demain, ce sont les actifs futurs qui financeront votre pension, mais rien ne garantit que les montants seront suffisants.

Avec le PER, chaque euro versé vous appartient définitivement. C’est votre épargne personnelle qui travaille pour vous et que vous récupérerez au moment de votre retraite. Il y aura de plus en plus de personnes à la retraite et de moins en moins de cotisants. Ce constat pragmatique explique pourquoi de plus en plus de Français se tournent vers l’épargne retraite, notamment les plus jeunes qui ont conscience que leurs pensions seront largement inférieures à celles de leurs parents.

La souplesse de sortie constitue également un avantage majeur par rapport aux anciens dispositifs. Avec le PERP, vous étiez obligé de sortir en rente viagère sauf quelques exceptions très restrictives.

Avec le PER, vous choisissez librement entre trois options. La sortie en capital total vous permet de récupérer l’intégralité de votre épargne en une seule fois. La sortie en rente viagère vous garantit un revenu régulier jusqu’à votre décès. Et la sortie mixte combine les deux formules en récupérant une partie en capital et en transformant le reste en rente.

Cette flexibilité change considérablement la donne. Si vous avez besoin de financer un projet immobilier à la retraite, vous pouvez récupérer une partie en capital. Si vous souhaitez vous garantir un revenu régulier pour compléter votre pension, vous optez pour la rente. Et si vous voulez profiter d’une partie de votre épargne immédiatement tout en sécurisant des revenus futurs, vous mixez les deux solutions. Cette liberté était impossible avec les anciens contrats PERP et Madelin qui imposaient la rente obligatoire.

Le déblocage anticipé pour l’achat de votre résidence principale représente un autre atout du PER. Vous pouvez récupérer tout ou partie de votre épargne pour financer l’acquisition de votre logement principal sans attendre la retraite. Cette possibilité n’existait pas sur le PERP, où vous ne pouviez débloquer que 20% maximum et uniquement si vous étiez primo-accédant, c’est-à-dire locataire pendant les deux années précédant l’achat.

Avec le PER, pas de condition de primo-accession et vous récupérez l’intégralité si besoin. Attention toutefois, dans ce cas l’administration fiscale reprend la déductibilité des versements effectués. Vous devez réintégrer les sommes déduites dans votre revenu imposable de l’année du déblocage.

Au total, le PER prévoit sept cas de déblocage anticipé. Le décès de votre conjoint ou partenaire de PACS. L’invalidité, qu’elle vous concerne vous-même, votre conjoint ou vos enfants. La situation de surendettement reconnue par la commission de surendettement. L’expiration de vos droits aux allocations chômage. La cessation de votre activité non salariée suite à une liquidation judiciaire. L’achat de votre résidence principale. Et depuis la création du PER, la fin de vos droits au chômage sans obligation de perte involontaire d’emploi, ce qui constitue un assouplissement par rapport au PERP.

Un avantage considérable en cas de transmission

Le PER devient particulièrement intéressant dans une stratégie de transmission patrimoniale, notamment pour protéger votre conjoint. En cas de décès, le capital transmis bénéficie d’une fiscalité avantageuse selon votre âge au moment du décès et la qualité des bénéficiaires désignés. Contrairement à l’assurance vie qui fonctionne avec une compartimentation fiscale selon l’âge des versements, le PER fonctionne uniquement avec l’âge au moment du décès. Si vous décédez avant 70 ans, le régime fiscal applicable est celui de l’article 990 I du Code général des impôts, identique à celui de l’assurance vie. Chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 euros. Au-delà de cet abattement, la taxation s’élève à 20% jusqu’à 700 000 euros de capitaux transmis, puis 31,25% pour les montants supérieurs.

Si vous décédez après 70 ans, c’est le régime de l’article 757 B qui s’applique, mais dans une version dégradée par rapport à l’assurance vie. L’abattement total s’élève à 30 500 euros à partager entre tous les bénéficiaires du contrat. Au-delà, les capitaux sont soumis aux droits de succession classiques selon le lien de parenté avec le défunt. La différence majeure avec l’assurance vie, c’est que sur le PER, l’assiette de taxation en 757 B comprend à la fois les primes versées ET les intérêts capitalisés. Sur l’assurance vie, seules les primes versées après 70 ans sont taxées en 757 B, les intérêts restent totalement exonérés. C’est ce que les experts appellent le 757 B dégradé du PER.

Cette différence de régime fiscal est importante mais pas forcément rédhibitoire. D’abord parce que 80% des personnes décèdent après 70 ans, ce qui signifie que dans la grande majorité des cas, le régime 757 B s’appliquera de toute façon. Ensuite parce que le PER offre un avantage considérable en cas de désignation du conjoint comme bénéficiaire. Le conjoint survivant est totalement exonéré de droits de succession sur les capitaux décès reçus d’un PER. Mais surtout, et c’est une spécificité remarquable du PER, le conjoint ne paie AUCUN prélèvement social sur les intérêts compris dans les capitaux décès. Sur une assurance vie, même si le conjoint est exonéré de droits de succession, il doit acquitter 17,2% de prélèvements sociaux sur la quote-part des intérêts dans le capital reçu.

Cette exonération totale des prélèvements sociaux pour le conjoint constitue un avantage fiscal non négligeable que peu de gens connaissent. Sur un capital décès de 200 000 euros dont 50 000 euros d’intérêts, le conjoint économise 8 600 euros de prélèvements sociaux par rapport à une assurance vie. Cet avantage explique pourquoi les experts recommandent massivement de désigner le conjoint comme seul bénéficiaire des contrats PER et de réserver les contrats d’assurance vie pour transmettre aux enfants. Comme l’explique Benoît Berchebru, « mettre le conjoint comme seul bénéficiaire des PER et les enfants comme bénéficiaires des contrats d’assurance vie permet de gagner sur les deux tableaux. Protection du conjoint sur le PER avec zéro fiscalité, et transmission aux enfants en assurance vie avec la compartimentation fiscale avantageuse. »

Une autre particularité du PER concerne le démembrement de la clause bénéficiaire. Sur une assurance vie, il est courant et souvent pertinent de démembrer la clause en désignant le conjoint usufruitier et les enfants nus-propriétaires. Cette technique permet de combiner protection du conjoint avec transmission anticipée aux enfants sur une assiette fiscale réduite. Sur le PER, cette stratégie n’a aucun intérêt. Pourquoi ? Parce que si vous décédez après 70 ans, vous êtes de toute façon en régime 757 B dégradé. Les enfants seront taxés sur leur quote-part de nue-propriété selon les droits de succession classiques. Autant donc donner la pleine propriété au conjoint qui sera totalement exonéré, plutôt que de taxer les enfants même sur une valeur réduite de nue-propriété. Le démembrement de clause bénéficiaire n’apporte rien sur le PER contrairement à l’assurance vie.

Un univers d’investissement diversifié sur le PER assurance

Le dernier avantage du PER concerne les possibilités d’investissement, à condition de choisir un PER assurantiel plutôt qu’un PER bancaire. Sur ce point, tous les experts sont unanimes.

Le PER assurantiel fonctionne exactement comme un contrat d’assurance vie en termes de supports d’investissement. Vous pouvez investir sur des fonds euros avec capital garanti qui offrent actuellement des rendements de 2 à 3% par an, avec certains contrats boostés qui atteignent 4%. Vous avez également accès à des unités de compte, c’est-à-dire des fonds diversifiés en actions, obligations, immobilier ou encore des ETF qui répliquent les indices boursiers mondiaux. Les rendements historiques sur ces supports varient entre 7 et 12% par an sur des horizons de 20 à 30 ans selon les marchés. Le PER assurance vous laisse enfin le choix entre la gestion libre où vous sélectionnez vous-même vos supports et la gestion pilotée où un gestionnaire professionnel s’occupe de l’allocation et de la désallocation progressive au fur et à mesure que vous approchez de la retraite.

Cette diversité de supports est essentielle pour optimiser le rendement de votre épargne sur le long terme. Quand on a un horizon de placement de 20, 25 ou 30 ans devant soi, placer 100% sur un fonds euros à 3% représente une perte de chance énorme.

Sur 20-30 ans, il n’y a pas plus rentable que les fonds actions. Il peut y avoir des chutes des crashes à moins 30%, mais avec une gestion long terme, on est gagnant. Le fonds euros à 3%, c’est juste une perte de chance d’aller chercher du 7, 8, 9%. » Les statistiques historiques du S&P 500 le confirment. Sur les 30 dernières années, le rendement annuel moyen de l’indice américain dépasse 12% malgré les crises successives de 2000, 2008 et 2020.

L’allocation d’actifs optimale dépend de votre âge et de votre horizon de placement. Si vous commencez à épargner à 55 ans pour une retraite à 65 ans, une répartition de 70% en fonds euros et 30% en unités de compte offre un bon compromis entre sécurité et performance. Si vous commencez à 50 ans avec 17 ans devant vous, vous pouvez basculer sur 50% de fonds euros et 50% d’unités de compte. Et si vous démarrez à 40 ans avec 27 ans d’horizon, une allocation de 30% en fonds euros et 70% en unités de compte maximise votre potentiel de rendement tout en conservant une poche de sécurité. Cette désallocation progressive vers le fonds euros au fil des années permet de sécuriser progressivement les gains réalisés et d’aborder la retraite sereinement.

Pourquoi le PER n’est pas toujours intéressant ?

Contrairement à ce que beaucoup de conseillers affirment, le PER n’est pas adapté à tous les profils. Dans certaines situations, il peut même s’avérer contre-productif et vous faire perdre de l’argent. Voici les cinq cas où le PER est une mauvaise idée, avec des explications concrètes à l’appui.

Les frais réels peuvent sérieusement amputer votre épargne

Le premier inconvénient majeur du PER concerne les frais, qui varient énormément selon le type d’établissement et le contrat choisi. Ces frais se répartissent en cinq catégories distinctes. Les frais sur versements prélevés à chaque fois que vous alimentez votre contrat, qui oscillent entre 0 et 5% du montant versé. Les frais de gestion annuels appliqués chaque année sur l’encours total de votre contrat, généralement compris entre 0,3 et 2% selon les supports. Les frais des supports en unités de compte qui viennent en déduction de la performance affichée, souvent cachés entre 0,5 et 3% par an. Les frais d’arbitrage facturés lorsque vous modifiez la répartition de votre épargne entre les différents supports. Et les frais de transfert si vous décidez de changer de contrat pour aller vers un autre établissement.

Pour bien comprendre l’impact réel de ces frais, voici un tableau comparatif des frais pratiqués selon le type d’établissement choisi pour ouvrir votre PER.

Tableau comparatif des frais PER 2026

Type de fraisPER banque traditionnellePER assureurPER courtier en ligne
Frais sur versements2-3%1-3%0%
Frais de gestion annuels fonds euros0,8-1,2%0,6-1%0,3-0,8%
Frais de gestion annuels UC1-1,5%0,8-1,2%0,5-1%
Frais supports UC (cachés)0,5-3%0,5-3%0,5-3%
Frais gestion pilotée1,6-2%1,4-1,8%1,4-1,6%
Frais arbitrage0-0,5%0-0,3%0%
Total annuel moyen1,7-4%1,3-3,5%1-2,6%

La différence peut sembler minime au premier abord, mais sur 20 ou 30 ans, l’écart devient considérable. Prenons un exemple concret. Vous versez 300 euros par mois pendant 30 ans avec un rendement brut moyen de 5% par an avant frais. Si votre contrat applique 0,5% de frais totaux par an, votre capital final atteindra 253 000 euros. Si les frais s’élèvent à 1,5% par an, vous arriverez à 207 000 euros. Et si vous subissez 2,5% de frais annuels, votre capital final sera de 175 000 euros. La différence entre le contrat le moins cher et le plus cher représente 78 000 euros, soit 31% de perte uniquement due aux frais.

Le problème le plus sournois concerne les frais cachés des supports en unités de compte. Quand vous regardez la performance d’un fonds, le chiffre affiché correspond déjà à la performance nette après déduction des frais internes du support. Si un fonds affiche 5% de performance et qu’il prélève 2% de frais internes, cela signifie que la performance brute était de 7%. Ces frais ne sont pas visibles sur votre relevé de compte mais ils réduisent mécaniquement votre rendement. C’est pourquoi il est essentiel de consulter la documentation détaillée de chaque support, notamment le DICI (Document d’Information Clé pour l’Investisseur) qui indique les frais courants du fonds.

Comme le souligne à juste titre le ministre de l’Économie dans ses déclarations publiques, les frais élevés du PER peuvent réduire significativement le rendement à long terme. Certains contrats commercialisés par les banques traditionnelles cumulent 5% de frais sur versements, 1,5% de frais de gestion annuels et 1,5% de frais de gestion pilotée, ce qui porte le coût total à plus de 3% par an. Sur 30 ans, cette ponction peut représenter jusqu’à 35% de votre capital final. Pour éviter ces frais excessifs, privilégiez les PER en ligne qui ne prélèvent aucun frais sur versement, vérifiez que les frais de gestion totaux restent inférieurs à 1,6% par an, consultez systématiquement les frais des supports UC dans leur documentation, choisissez un PER avec arbitrages gratuits et attendez au moins 10 ans avant de transférer votre contrat vers un autre établissement pour éviter les frais de transfert qui peuvent atteindre 5% de l’encours.

Un taux marginal d’imposition faible rend le PER peu attractif

Le deuxième cas où le PER n’est pas intéressant concerne les personnes ayant un taux marginal d’imposition de 11% ou moins. À ce niveau de fiscalité, l’avantage fiscal à l’entrée est dérisoire et vous risquez de payer plus d’impôts à la sortie qu’à l’entrée. Concrètement, si vous versez 10 000 euros sur votre PER avec une TMI à 11%, vous économisez 1 100 euros d’impôt immédiatement. Mais à la retraite, votre taux moyen d’imposition sera probablement de 15 à 20% compte tenu de vos revenus totaux incluant pensions et rentes. Quand vous récupérerez ces 10 000 euros en capital, vous paierez entre 1 500 et 2 000 euros d’impôt. Résultat, vous perdez entre 400 et 900 euros sur l’opération.

Cette situation concerne particulièrement les salariés avec des revenus modestes, généralement inférieurs à 28 000 euros pour une personne seule. Dans cette configuration, le PER devient contre-productif et vous avez tout intérêt à privilégier l’assurance vie classique. Sur l’assurance vie, vous n’avez certes pas d’avantage fiscal à l’entrée, mais vous bénéficiez d’une fiscalité très avantageuse à la sortie avec un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et une taxation à seulement 12,8% sur les intérêts au-delà de cet abattement après 8 ans de détention. Vous conservez également la disponibilité totale de votre épargne sans attendre la retraite.

La règle d’or est simple. Si votre taux marginal d’imposition actuel est inférieur à votre taux moyen estimé à la retraite, le PER vous fera perdre de l’argent. Avant d’ouvrir un PER, calculez précisément votre TMI actuelle et essayez d’estimer votre taux moyen à la retraite en fonction de vos pensions prévues et de vos autres revenus éventuels. Si l’écart est faible ou négatif, passez votre chemin et orientez-vous vers d’autres solutions d’épargne.

Un besoin de liquidité à court terme est incompatible avec le PER

Le troisième inconvénient majeur du PER réside dans le blocage de votre épargne jusqu’à la retraite, sauf dans les sept cas de déblocage anticipé prévus par la loi. Si vous avez besoin de liquidités à court ou moyen terme pour financer un projet, faire face à un imprévu ou simplement disposer d’une épargne de précaution, le PER n’est absolument pas adapté. Une fois que vous avez versé de l’argent sur votre PER, cet argent est encapsulé et vous ne pouvez plus le récupérer sauf accident de la vie grave ou achat de votre résidence principale.

Cette contrainte pose plusieurs problèmes concrets. D’abord, elle vous oblige à constituer une épargne disponible suffisante avant même de commencer à alimenter un PER. La règle généralement conseillée consiste à disposer d’au moins trois à six mois de salaire sur une épargne parfaitement disponible comme un Livret A, un LDDS ou une assurance vie. Cette réserve vous permet de faire face aux imprévus sans avoir à puiser dans votre épargne retraite. Ensuite, le blocage rend le PER inadapté pour des personnes qui ont des revenus irréguliers ou qui anticipent des besoins de trésorerie importants à moyen terme.

L’erreur classique consiste à verser trop massivement sur un PER sans garder de marge de manœuvre. Benoît Berchebru rapporte le cas emblématique d’un épargnant qui voulait verser 4 100 euros sur son PER mais dont le stagiaire a versé par erreur 41 000 euros, soit dix fois plus. L’argent est définitivement encapsulé dans le contrat et il n’existe aucun moyen de récupérer cette somme sauf à attendre la retraite ou à justifier d’un des sept cas de déblocage anticipé. L’administration fiscale ne reviendra pas sur l’opération même si vous l’appelez pour expliquer l’erreur. Les 41 000 euros resteront bloqués pendant des années alors que l’épargnant n’en avait peut-être pas les moyens.

Cette rigidité explique pourquoi le PER doit toujours être considéré comme un placement complémentaire et non comme votre unique véhicule d’épargne. Vous devez d’abord constituer une épargne de précaution disponible, ensuite alimenter une assurance vie pour vos projets à moyen terme avec disponibilité totale, et seulement après commencer à verser sur un PER pour optimiser fiscalement l’épargne que vous êtes certain de ne pas utiliser avant la retraite.

Un horizon de placement inférieur à 10 ans limite fortement l’intérêt

Le quatrième cas où le PER perd de son intérêt concerne les personnes ayant un horizon de placement trop court. Si vous avez 60 ans et que vous partez à la retraite à 65 ans, vous n’avez que 5 ans devant vous. Sur cette période, les frais de votre contrat vont mécaniquement amputer une partie non négligeable de votre rendement. Les frais sur versements vous coûtent immédiatement 0 à 3% selon le contrat. Les frais de gestion annuels prélèvent 1 à 2% chaque année sur votre capital. Au total, sur 5 ans, vous aurez payé entre 5 et 13% de frais cumulés.

Pour que le PER soit rentable malgré ces frais, il faut que l’économie fiscale à l’entrée compense largement ces coûts. Avec une TMI à 30%, vous économisez 3 000 euros sur un versement de 10 000 euros. Si votre contrat vous coûte 1 000 euros de frais sur 5 ans, l’opération reste positive avec 2 000 euros de gain net. Mais si votre TMI n’est qu’à 11%, vous n’économisez que 1 100 euros et après déduction des frais, il ne vous reste plus que 100 euros de gain. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle pour bloquer 10 000 euros pendant 5 ans ?

La règle empirique généralement admise par les professionnels du patrimoine fixe un horizon minimum de 10 ans pour que le PER soit vraiment pertinent. En dessous de cette durée, le rapport entre l’avantage fiscal, les frais et le blocage de l’épargne devient trop défavorable. Si vous avez moins de 10 ans devant vous avant la retraite et que votre TMI n’est pas très élevée, mieux vaut privilégier l’assurance vie qui vous offre plus de souplesse sans pour autant renoncer à un rendement comparable.

Certains anciens PERP et Madelin sont plus avantageux que le PER

Le cinquième et dernier cas où le PER n’est pas une bonne idée concerne la transformation des anciens PERP et contrats Madelin vers le nouveau PER. Contrairement au discours marketing ambiant qui pousse à transformer tous les anciens contrats, il existe plusieurs situations où vous avez clairement intérêt à conserver votre PERP ou votre Madelin plutôt que de les transférer vers un PER. Cette vérité est rarement dite par les conseillers qui ont tout intérêt à récupérer votre encours pour générer de nouvelles commissions.

La première situation concerne les encours inférieurs à 18 000 euros. Sur un PERP avec un encours de moins de 18 000 euros, vous pouvez bénéficier à la retraite d’une sortie en capital simplifiée avec une taxation forfaitaire de 7,5% d’impôt sur le revenu plus 9,1% de prélèvements sociaux, soit un total de 16,6%. Sur un PER, la sortie en capital après déduction des versements vous soumet à une taxation de 12,8% d’impôt sur le revenu plus 17,2% de prélèvements sociaux au titre du prélèvement forfaitaire unique, soit un total de 29,9%. La différence de 13,3 points représente plusieurs milliers d’euros d’économie si vous conservez votre PERP.

Prenons un exemple concret. Vous avez un PERP avec 15 000 euros d’encours, vous avez 62 ans et vous partez à la retraite à 65 ans. Si vous conservez votre PERP et que vous sortez en capital à 65 ans, votre taxation totale s’élèvera à 15 000 euros multipliés par 16,6%, soit 2 490 euros d’impôts et prélèvements sociaux. Il vous reste donc 12 510 euros nets. Si vous transformez votre PERP en PER aujourd’hui et que vous sortez en capital à 65 ans, votre taxation s’élèvera à 15 000 euros multipliés par 29,9%, soit 4 485 euros. Il vous reste 10 515 euros nets. La transformation vous fait perdre 1 995 euros nets, soit 13% de votre capital. Vous avez donc clairement intérêt à conserver votre PERP dans cette configuration.

La deuxième situation concerne les contrats avec une table de mortalité garantie ancienne. Certains vieux contrats PERP et Madelin, notamment ceux souscrits avant le 21 décembre 2012 pour les hommes, bénéficient d’une table de mortalité garantie TPRV93 qui était en vigueur à l’époque. Cette table correspond à une espérance de vie plus courte que la table actuelle TGF05 utilisée aujourd’hui pour tous les nouveaux PER. Concrètement, cela signifie que votre rente viagère sera calculée sur une espérance de vie plus courte, ce qui génère mécaniquement une rente mensuelle plus élevée.

Sur un capital de 50 000 euros, un homme de 65 ans avec une table TPRV93 peut percevoir environ 220 euros de rente mensuelle, soit 2 640 euros par an. Avec la table TGF05 actuelle utilisée pour les PER, la même personne avec le même capital ne percevrait que 180 euros par mois, soit 2 160 euros par an. La différence de 480 euros par an représente 7 200 euros sur 15 ans de retraite. Si vous transformez votre Madelin vers un PER, vous perdez définitivement cette garantie avantageuse et vous renoncez à plusieurs milliers d’euros de rente. Il vaut donc mieux conserver votre ancien contrat.

La troisième situation concerne les contrats avec un taux technique garanti élevé. Certains anciens PERP et Madelin proposaient un rendement minimum garanti à vie, parfois de 2 à 2,5% par an. Les nouveaux PER n’offrent plus ce type de garantie et le rendement des fonds euros actuels oscille entre 2 et 3% sans garantie future. Si vous transformez un ancien contrat avec 2,5% garanti à vie vers un PER qui ne garantit rien, vous renoncez à un avantage substantiel. Vérifiez attentivement vos conditions générales avant toute transformation.

La quatrième situation concerne les frais de transfert. Si votre contrat PERP ou Madelin a moins de 5 ans d’ancienneté, les frais de transfert peuvent atteindre 5% de l’encours total. Sur 30 000 euros, cela représente 1 500 euros de frais immédiats qui viendront réduire d’autant votre capital. Entre 5 et 10 ans, les frais sont dégressifs. Au-delà de 10 ans, le transfert est gratuit. Si vous êtes dans la zone de moins de 10 ans, attendez la gratuité avant de bouger ou vérifiez que les avantages du PER compensent largement les frais de transfert.

La cinquième situation concerne les prélèvements sociaux sur les rentes. Sur un PERP ou un Madelin, les prélèvements sociaux s’élèvent à 9,1% sur le montant total de la rente versée. Sur un PER, les prélèvements sociaux sont de 17,2% mais avec un abattement de 40 à 70% selon votre âge lors de la liquidation de la rente. Sur de petites rentes, le régime du PERP peut s’avérer plus avantageux que celui du PER. Faites le calcul précis en fonction de votre situation.

À quel âge ouvrir un plan épargne retraite ?

L’âge idéal pour ouvrir un PER dépend de plusieurs facteurs, mais la règle générale veut que plus vous commencez tôt, plus l’effet de la capitalisation jouera en votre faveur.

Selon les statistiques du marché, l’âge moyen d’ouverture d’un PER se situe autour de 45 ans. Cet âge correspond à une période de la vie où les revenus sont généralement confortables et où la perspective de la retraite commence à devenir concrète. À 45 ans, il vous reste entre 17 et 22 ans avant de partir à la retraite selon votre génération, ce qui laisse suffisamment de temps pour constituer un capital significatif.

Techniquement, il n’existe pas d’âge minimum pour ouvrir un PER. Vous pouvez parfaitement ouvrir un contrat à 25 ou 30 ans si vous avez déjà des revenus imposables et que vous souhaitez commencer à préparer votre retraite le plus tôt possible.

Plus vous démarrez jeune, plus vous bénéficiez de l’effet boule de neige de la capitalisation. Un euro placé à 30 ans aura 37 ans pour fructifier jusqu’à 67 ans, alors qu’un euro placé à 50 ans n’aura que 17 ans. Sur le long terme, cette différence de durée peut doubler ou tripler la valeur finale de votre capital grâce aux intérêts composés.

Pour autant, ouvrir un PER très jeune n’est pas forcément la priorité absolue. À 25 ou 30 ans, vous avez souvent d’autres projets de vie plus immédiats comme l’acquisition de votre résidence principale, la constitution d’une épargne de précaution ou le financement de projets personnels.

Dans ce cas, il peut être plus judicieux de commencer par une assurance vie qui vous offre la même diversité de supports d’investissement mais avec une disponibilité totale de votre argent. Une fois que vous avez constitué cette épargne de précaution et que vos revenus augmentent, vous pouvez alors basculer vers le PER pour optimiser fiscalement vos versements.

L’âge limite au-delà duquel le PER commence à perdre de son intérêt se situe généralement autour de 55-57 ans. Passé cet âge, vous n’avez plus qu’une dizaine d’années devant vous avant la retraite, ce qui réduit l’effet de la capitalisation et augmente proportionnellement le poids des frais par rapport au rendement potentiel. Cela ne signifie pas qu’il est inutile d’ouvrir un PER après 55 ans, mais l’intérêt devient plus limité et dépend fortement de votre taux marginal d’imposition. Si vous êtes à 41 ou 45%, l’avantage fiscal reste suffisamment important pour justifier l’ouverture. Si vous êtes à 30% ou moins, mieux vaut vous abstenir.

Pour les profils spécifiques de 50-65 ans, la décision dépend essentiellement de trois critères. Votre taux marginal d’imposition actuel, avec un seuil minimum recommandé de 30% pour que le jeu en vaille la chandelle. Votre horizon de placement résiduel avant la retraite, avec un minimum conseillé de 10 ans pour amortir les frais et laisser travailler votre épargne. Et votre situation patrimoniale globale, en vérifiant notamment si vous possédez déjà un ancien PERP ou Madelin qu’il vaudrait mieux conserver plutôt que transformer.

Pour quelqu’un qui commence à 55 ans, il a encore 10 ans devant soi. On fait 70% de fonds euros et 30% d’unités de compte pour prendre un peu de risque. C’est encore largement pertinent. L’essentiel est de ne pas se fermer les portes en considérant qu’il est trop tard. Si vous remplissez les critères de TMI et d’horizon, le PER reste un outil efficace même après 50 ans.

Combien verser sur un plan épargne retraite chaque année ?

La question du montant à verser sur votre PER est importante et mérite une analyse précise adaptée à votre situation. Contrairement à une idée reçue, il ne faut pas systématiquement utiliser l’intégralité de vos plafonds disponibles. Verser trop peut même vous faire perdre de l’argent si vous effacez des tranches d’imposition trop basses qui vous coûteront plus cher à la sortie.

Les plafonds de déduction 2026

Pour 2026, les plafonds de déduction varient selon votre statut professionnel. Si vous êtes salarié, votre plafond annuel s’élève à 10% de vos revenus professionnels de l’année N-1 avec un minimum de 10% du PASS et un maximum de 10% de 8 PASS. Le PASS 2026 est estimé à 48 060 euros sous réserve de publication de l’arrêté officiel. Concrètement, sur des revenus 2025 de 80 000 euros, votre plafond 2026 atteindra 8 000 euros. Le plafond maximum pour un salarié s’établit donc à 37 094 euros en 2026.

La particularité du régime salarié, c’est que vous pouvez également aller chercher les trois plafonds des années antérieures que vous n’auriez pas utilisés. Si vous n’avez jamais versé sur un PER auparavant, vous disposez théoriquement de quatre plafonds cumulés, soit un maximum de 148 376 euros déductibles en une seule année. Attention toutefois, ces plafonds anciens se périment. Si vous n’utilisez pas votre plafond N-3 pendant l’année N, il disparaît définitivement. C’est pourquoi la stratégie optimale consiste à utiliser d’abord le plafond de l’année N en entier, puis le plafond N-3 pour éviter qu’il ne se perde, et à économiser les plafonds N-2 et N-1 pour les années suivantes.

Pour les travailleurs non-salariés, le calcul diffère. Vous bénéficiez d’un double plafond selon l’article 154 bis du Code général des impôts. Vous déduisez 10% de vos revenus professionnels avec un maximum de 8 PASS, plus 15% supplémentaires calculés sur la fraction de vos revenus dépassant 1 PASS dans la limite de 7 PASS. Sur des revenus de 80 000 euros, votre plafond 154 bis 2026 se calcule ainsi. 10% de 80 000 euros égalent 8 000 euros. Puis 15% de la différence entre 80 000 et 48 060 euros, soit 15% de 31 940 euros, ce qui donne 4 791 euros. Votre plafond total atteint donc 12 791 euros. Le plafond maximum pour un TNS s’élève à 87 135 euros en 2026 pour des revenus supérieurs à 380 000 euros.

La particularité pour les TNS, c’est que vous ne pouvez pas reporter les plafonds des années antérieures de manière générale. Le 154 bis fonctionne en intraannuel uniquement, c’est-à-dire par rapport à vos revenus de l’année en cours. Toutefois, il existe une exception majeure pour la première année où vous commencez à faire de l’épargne retraite. Cette première année, vous pouvez cumuler votre plafond 154 bis avec les plafonds des trois années antérieures calculés selon l’article 163 quater. Ce cumul exceptionnel peut porter votre plafond déductible à 220 000 euros la première année, ce qui représente une opportunité fiscale considérable si vous êtes dans les tranches élevées d’imposition.

Un autre point technique important concerne les versements obligatoires sur des contrats article 83 ou l’abondement de l’employeur sur un PER collectif. Ces sommes viennent en déduction de vos plafonds disponibles même si vous ne les avez pas versées vous-même. Le problème, c’est que l’administration fiscale ne tient pas compte de ces déductions dans le calcul des plafonds indiqués sur votre avis d’imposition. Tous les plafonds affichés en page 4 de votre déclaration de revenus sont donc potentiellement faux. Avant de verser sur un PER individuel, vérifiez toujours si vous avez des cotisations obligatoires ou un abondement employeur qui réduisent vos plafonds réels. Sinon, vous risquez de verser au-delà et de bloquer de l’argent sans bénéficier de la déduction fiscale.

La stratégie optimale d’utilisation des plafonds

Au-delà du calcul technique des plafonds, la vraie question stratégique consiste à déterminer combien vous devez réellement verser chaque année pour optimiser votre fiscalité. Comme l’explique Benoît Berchebru, « faut pas effacer la tranche à 11% si à la retraite ton taux moyen est de 18 ou 20%. Tu vas payer plus cher qu’avant. » Cette règle fondamentale est pourtant méconnue de la plupart des épargnants qui pensent à tort qu’il faut toujours utiliser l’intégralité des plafonds disponibles.

Le principe est simple. Vous devez calculer votre taux marginal d’imposition actuel et estimer votre taux moyen d’imposition à la retraite. Votre taux marginal correspond à la tranche d’imposition dans laquelle se situe votre dernier euro de revenu. Votre taux moyen correspond au rapport entre votre impôt total et votre revenu total. À la retraite, votre taux moyen sera généralement inférieur à votre taux marginal actuel car vos revenus seront plus faibles. Mais si vous effacez des tranches trop basses aujourd’hui, vous risquez de payer plus à la sortie.

Prenons un exemple concret. Vous êtes célibataire avec 70 000 euros de revenus annuels. Votre taux marginal actuel est de 30% car votre dernier euro de revenu entre dans cette tranche. Vous disposez d’un plafond de 7 000 euros disponible cette année. Si vous versez 7 000 euros en totalité, vous allez effacer une partie de votre tranche à 30% et une partie de votre tranche à 11%. Or, si votre taux moyen à la retraite est estimé à 18%, vous aurez intérêt à n’effacer que la tranche à 30% et à conserver la tranche à 11%.

Pour calculer précisément combien verser, vous devez donc identifier le montant de revenus qui se situe au-dessus de votre tranche à 30%. Pour un célibataire, la tranche à 30% démarre à 28 797 euros de revenu net imposable en 2025. Si votre revenu net imposable est de 70 000 euros, vous avez 41 203 euros dans les tranches à 30%, 41% et 45%. C’est sur cette partie-là que vous devez concentrer vos versements PER. Si vous versez 7 000 euros alors que vous n’avez que 5 000 euros dans les tranches supérieures, vous gaspillez 2 000 euros de plafond en effaçant la tranche à 11% qui vous coûtera plus cher à la sortie.

La stratégie optimale consiste donc à suivre trois étapes. Première étape, calculez votre revenu net imposable et identifiez combien vous avez dans chaque tranche d’imposition. Deuxième étape, estimez votre taux moyen d’imposition à la retraite en fonction de vos pensions prévues et de vos autres revenus éventuels. Troisième étape, ne versez sur votre PER que le montant correspondant aux tranches d’imposition supérieures à votre taux moyen estimé à la retraite. Si votre taux moyen sera de 15%, effacez uniquement les tranches à 30%, 41% et 45%. Si votre taux moyen sera de 20%, effacez uniquement les tranches à 30%, 41% et 45%.

Pour les plafonds des années antérieures, la règle diffère légèrement. Vous devez d’abord utiliser en priorité le plafond de l’année N car c’est une obligation fiscale. Ensuite, vous utilisez le plafond N-3 s’il vous reste des tranches élevées à effacer, car ce plafond disparaîtra l’année prochaine si vous ne l’utilisez pas. Et vous économisez les plafonds N-2 et N-1 pour les années futures où ils deviendront N-3 et N-2. Cette stratégie vous permet de lisser vos versements dans le temps sans perdre vos plafonds anciens tout en évitant de verser des sommes trop importantes d’un seul coup.

Trois simulations concrètes pour les profils 50-65 ans

Pour bien comprendre comment tout cela fonctionne en pratique, voici trois simulations concrètes adaptées à des profils d’épargnants entre 50 et 65 ans.

Simulation 1 : Cadre 55 ans, TMI 41%, 10 ans avant la retraite

Situation de départ. Vous êtes cadre dans une grande entreprise avec 90 000 euros de revenus annuels bruts. Votre revenu net imposable s’élève à 75 000 euros après déduction des 10% d’abattement forfaitaire. Votre taux marginal d’imposition est de 41%. Vous disposez d’un plafond PER de 9 000 euros pour l’année en cours. Vous partez à la retraite dans 10 ans et votre pension estimée sera de 55% de votre dernier salaire, soit environ 49 500 euros bruts par an. Votre taux moyen d’imposition à la retraite sera d’environ 18%.

Stratégie optimale. Vous devez effacer uniquement les tranches à 41% et 45%. Pour un célibataire, la tranche à 41% démarre à 78 570 euros de revenu net imposable. Vous n’êtes donc pas dans la tranche à 41% avec 75 000 euros de revenus. Votre dernière tranche est la tranche à 30% qui démarre à 28 797 euros. Vous avez donc 46 203 euros de revenus dans la tranche à 30%. Étant donné que votre taux moyen à la retraite sera de 18%, il est pertinent d’effacer cette tranche à 30%. Vous pouvez donc verser la totalité de votre plafond de 9 000 euros.

Résultat sur 10 ans. Vous versez 9 000 euros par an pendant 10 ans, soit 90 000 euros de versements totaux. Votre économie fiscale immédiate s’élève à 30% de 90 000 euros, soit 27 000 euros sur 10 ans. En supposant un rendement moyen de 4% par an sur votre PER, votre capital à 65 ans atteindra environ 108 000 euros. À la sortie en capital, vous serez imposé à votre TMI retraite de 18% sur les 90 000 euros déduits, soit 16 200 euros d’impôt. Votre gain fiscal net s’établit donc à 27 000 euros moins 16 200 euros, soit 10 800 euros. Sur 108 000 euros de capital final, votre opération PER vous aura rapporté 10 800 euros nets de fiscalité, soit un gain de 10% grâce à l’arbitrage fiscal.

Simulation 2 : Indépendant 60 ans, TMI 30%, Madelin existant de 50 000 euros

Situation de départ. Vous êtes profession libérale avec un contrat Madelin souscrit en 2008. Votre encours actuel s’élève à 50 000 euros. Votre contrat bénéficie d’une table de mortalité garantie TPRV93 car vous êtes un homme et votre contrat date d’avant décembre 2012. Vous partez à la retraite dans 5 ans à 65 ans. Votre revenu professionnel actuel est de 60 000 euros et votre TMI est de 30%. Vous vous demandez s’il faut transformer votre Madelin en PER.

Analyse de la transformation. Avec la table TPRV93, votre rente viagère estimée à 65 ans sur un capital de 50 000 euros s’élèvera à environ 220 euros par mois, soit 2 640 euros par an. Si vous transformez en PER, vous perdez cette table garantie et vous basculez sur la table TGF05 actuelle. Votre rente ne sera plus que d’environ 180 euros par mois, soit 2 160 euros par an. La différence de 480 euros par an représente 7 200 euros sur 15 ans de retraite si vous vivez jusqu’à 80 ans. Si vous conservez votre Madelin et que vous sortez en rente, vous bénéficiez également d’une taxation plus avantageuse avec 9,1% de prélèvements sociaux contre 17,2% sur le PER même avec l’abattement d’âge.

Verdict. Dans votre cas, il est clairement plus avantageux de conserver votre Madelin plutôt que de le transformer en PER. La table de mortalité garantie ancienne vous assure une rente significativement plus élevée qui compense largement l’absence de sortie en capital. Si vous avez besoin d’épargner davantage pour votre retraite, ouvrez un PER individuel en parallèle plutôt que de transformer votre Madelin existant.

Simulation 3 : Salarié 50 ans, TMI 11%, PERP existant de 20 000 euros

Situation de départ. Vous êtes employé avec 32 000 euros de revenus annuels bruts. Votre revenu net imposable s’élève à environ 29 000 euros. Votre taux marginal d’imposition est de 11%. Vous possédez un vieux PERP souscrit en 2010 avec un encours actuel de 20 000 euros. Vous vous demandez s’il faut continuer à alimenter votre PERP ou le transformer en PER, et si le versement sur un plan épargne retraite est encore pertinent avec votre niveau de revenus.

Analyse fiscale. Avec une TMI à 11%, chaque euro versé sur votre plan épargne retraite ne vous fait économiser que 11 centimes d’impôt. Or, à la retraite avec vos pensions et votre rente PERP, votre taux moyen d’imposition sera probablement entre 15 et 18%. Cela signifie que vous paierez plus d’impôts à la sortie que ce que vous avez économisé à l’entrée. Sur un versement de 5 000 euros, vous économisez 550 euros aujourd’hui mais vous paierez entre 750 et 900 euros à la sortie. Vous perdez donc entre 200 et 350 euros sur l’opération.

Analyse de la transformation du PERP. Votre encours de 20 000 euros dépasse le seuil des 18 000 euros, donc vous ne bénéficiez pas de la sortie en capital simplifiée à 7,5%. Si vous transformez en PER, vous gagnez en flexibilité avec la possibilité de sortir en capital plutôt qu’en rente obligatoire. Mais étant donné que votre TMI est faible, l’avantage fiscal du PER ne joue pas en votre faveur.

Verdict. Dans votre cas, le PER n’est pas vraiment intéressant compte tenu de votre TMI à 11%. Vous avez deux options. Première option, vous conservez votre PERP sans y verser davantage et vous privilégiez une assurance vie pour votre épargne future. L’assurance vie vous offre la même diversité de supports sans vous imposer de reprise fiscale à la sortie puisque vous n’avez pas déduit les versements. Deuxième option, si vous tenez absolument à avoir un véhicule d’épargne retraite, transformez votre PERP en PER pour gagner en souplesse de sortie, mais n’y versez plus rien tant que votre TMI reste à 11%. Attendez une évolution de carrière qui vous fasse passer dans une tranche supérieure pour reprendre les versements.

Sur quoi investir avec un plan épargne retraite ?

Le choix des supports d’investissement au sein de votre PER est déterminant pour la performance finale de votre épargne. Contrairement à une idée reçue, vous n’êtes pas obligé de placer votre argent sur un fonds euros sécurisé à faible rendement. Le PER assurantiel vous offre exactement les mêmes possibilités qu’un contrat d’assurance vie, avec un univers d’investissement très diversifié.

Les fonds euros pour la sécurité

Le fonds euros constitue le support de base de tout PER assurantiel. Il s’agit d’un fonds en euros avec capital garanti, ce qui signifie que vous ne pouvez jamais perdre votre mise initiale même en cas de krach boursier. Chaque année, le rendement du fonds est définitivement acquis et vient s’ajouter à votre capital. Les rendements actuels des fonds euros sur les PER oscillent entre 2 et 3% par an selon les contrats. Certains assureurs proposent des fonds euros boostés qui atteignent temporairement 4% pour les nouveaux versements ou sous condition de répartition minimale en unités de compte.

Le fonds euros convient parfaitement aux épargnants proches de la retraite qui souhaitent sécuriser leur capital ou aux profils très sécuritaires qui ne supportent pas l’idée de voir leur épargne fluctuer à la baisse. Si vous avez 60 ans et que vous partez à la retraite dans 5 ans, placer 70 à 80% de votre épargne sur le fonds euros vous garantit de ne pas subir de moins-value en cas de correction boursière juste avant votre départ. Vous conservez tout de même 20 à 30% en unités de compte pour bénéficier d’un peu de performance supplémentaire.

Le principal inconvénient du fonds euros réside dans son rendement limité. À 2,5 ou 3% par an, vous êtes à peine au-dessus de l’inflation actuelle qui oscille entre 2 et 2,5%. Sur le très long terme, ce rendement ne vous permet pas de faire fructifier significativement votre capital. C’est pourquoi les jeunes épargnants ou ceux qui ont encore plus de 10 ans devant eux ont tout intérêt à privilégier les unités de compte pour maximiser leur potentiel de gain.

Les unités de compte pour la performance

Les unités de compte regroupent tous les supports d’investissement en actions, obligations, immobilier ou matières premières. Contrairement au fonds euros, le capital investi sur ces supports n’est pas garanti et peut baisser en cas de mauvaise performance des marchés. En contrepartie, les rendements potentiels sont beaucoup plus élevés sur le long terme. Les statistiques historiques sont sans appel. Sur les 30 dernières années, l’indice S&P 500 qui regroupe les 500 plus grandes entreprises américaines affiche un rendement annuel moyen de 12%. L’indice MSCI World qui couvre les actions mondiales affiche environ 8% par an. Même en tenant compte des crises de 2000, 2008 et 2020, ces indices restent largement plus performants qu’un fonds euros sur le long terme.

Comme le rappelle Benoît Berchebru, « sur 20-30 ans, il n’y a pas plus rentable que les fonds actions. Des fois ça prend des crashes à moins 30%, mais quand j’ai une gestion long terme, j’ai ce rendement-là. Le fonds euros à 3%, c’est juste une perte de chance d’aller chercher du 7, 8, 9%. » Cette perte de chance peut se chiffrer en dizaines de milliers d’euros sur la durée d’un PER. Sur 20 ans avec des versements de 300 euros par mois, la différence entre un rendement de 3% et un rendement de 7% représente plus de 50 000 euros de capital final.

Les unités de compte disponibles sur les PER incluent les fonds actions diversifiés qui investissent sur les marchés européens, américains ou émergents. Les ETF (Exchange Traded Funds) qui répliquent passivement les indices boursiers avec des frais très faibles, souvent inférieurs à 0,5% par an. Les fonds obligataires qui investissent en obligations d’entreprises ou d’États pour un risque intermédiaire entre les actions et le fonds euros. Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) qui permettent d’investir dans l’immobilier professionnel avec des rendements de 4 à 5% par an. Et les fonds thématiques ou sectoriels qui se concentrent sur des secteurs spécifiques comme la technologie, la santé ou les énergies renouvelables.

L’allocation optimale entre fonds euros et unités de compte dépend essentiellement de votre âge et de votre horizon de placement. Si vous avez 50 ans et que vous partez à la retraite à 67 ans, vous avez 17 ans devant vous. Une répartition de 50% en fonds euros et 50% en unités de compte offre un bon équilibre entre sécurité et performance. Si vous avez 55 ans avec 10-12 ans d’horizon, vous pouvez aller sur 60 à 70% de fonds euros et 30 à 40% d’unités de compte. Et si vous avez 60 ans avec seulement 5-7 ans restants, privilégiez 70 à 80% de fonds euros avec 20 à 30% d’unités de compte maximum.

Gestion libre ou gestion pilotée

Le dernier choix à faire concerne le mode de gestion de votre PER. Vous pouvez opter pour la gestion libre où vous sélectionnez vous-même vos supports d’investissement et modifiez votre allocation quand vous le souhaitez. Ou vous pouvez choisir la gestion pilotée où vous confiez la gestion de votre épargne à un professionnel qui ajuste automatiquement la répartition entre fonds euros et unités de compte au fur et à mesure que vous approchez de la retraite.

La gestion pilotée présente l’avantage de la simplicité. Vous définissez votre profil de risque au départ, équilibré, dynamique ou sécuritaire, et ensuite le gestionnaire s’occupe de tout. Il réalise une désallocation progressive qui consiste à réduire progressivement la part d’unités de compte et à augmenter la part de fonds euros au fil des années. Cette stratégie permet de sécuriser les gains réalisés et d’aborder la retraite avec un capital stable. L’inconvénient principal réside dans le coût. La gestion pilotée facture en moyenne 1,6% de frais annuels supplémentaires qui viennent s’ajouter aux frais de gestion classiques du contrat.

Comme le souligne justement Benoît Berchebru, « quand on est en gestion sous-mandat et qu’on arrive à 4-5% de rendement, on se dit : j’ai payé 2% de frais. À quoi ça sert ? » Si votre gestion pilotée vous coûte 2% de frais par an et que vous obtenez 4% de performance, vous auriez pu obtenir 6% en gestion libre avec seulement 0,5% de frais. Sur 20 ans, cette différence de frais peut vous coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros.

La gestion libre convient donc parfaitement si vous avez un minimum de connaissances financières et que vous êtes prêt à consacrer quelques heures par an à suivre votre allocation. Vous économisez les frais de gestion pilotée et vous gardez la main sur vos choix d’investissement. En revanche, si vous n’avez aucune connaissance des marchés financiers et que vous ne souhaitez pas vous en occuper, la gestion pilotée reste une solution acceptable malgré ses frais. L’essentiel est de choisir un contrat avec des frais de gestion pilotée raisonnables, idéalement inférieurs à 1,6% par an.

PER bancaire, assurantiel ou en ligne : lequel choisir ?

Le type d’établissement auprès duquel vous ouvrez votre PER a un impact considérable sur les frais que vous paierez et sur les performances finales de votre épargne. Il existe trois grandes catégories d’acteurs sur le marché du PER. Les banques traditionnelles, les compagnies d’assurance et les courtiers en ligne. Chacun présente des avantages et des inconvénients qu’il faut bien comprendre avant de faire votre choix.

Sur ce point, tous les experts du patrimoine sont unanimes. Comme le résume parfaitement Benoît Berchebru, « si je dois ouvrir 10 PER, j’en fais zéro en bancaire et je mets la totalité en assurance. Pourquoi ? Parce que j’ai le même univers en sous-jacent avec les unités de compte, mais surtout j’ai accès aux fonds euros qu’on n’a pas en bancaire. » Cette affirmation tranchée mérite d’être détaillée pour bien comprendre les différences fondamentales entre ces trois types d’acteurs.

Le PER bancaire à éviter absolument

Le PER bancaire proposé par les banques traditionnelles se présente sous la forme d’un compte-titres. Vous investissez dans des fonds actions, des ETF ou des obligations, mais vous n’avez aucun accès à un fonds euros avec capital garanti. Cette absence de fonds euros constitue déjà un premier handicap majeur. Si vous avez besoin de sécuriser une partie de votre épargne, notamment à l’approche de la retraite, vous êtes obligé de basculer sur des fonds monétaires ou obligataires qui ne garantissent pas le capital et peuvent perdre de la valeur en cas de hausse des taux d’intérêt.

Le deuxième inconvénient du PER bancaire concerne la transmission en cas de décès. Avec un PER bancaire, les capitaux décès reviennent dans votre succession classique et sont soumis aux droits de succession standard. Vous ne bénéficiez pas d’une clause bénéficiaire personnalisable comme sur les contrats d’assurance. Votre conjoint n’est certes pas taxé grâce à l’exonération entre époux, mais il devra tout de même payer 17,2% de prélèvements sociaux sur les intérêts alors qu’il serait totalement exonéré avec un PER assurantiel.

Les frais des PER bancaires sont également plus élevés que la moyenne. Les banques traditionnelles facturent généralement 2 à 3% de frais sur les versements, 1 à 2% de frais de gestion annuels et parfois des frais d’arbitrage de 0,5% à chaque modification de votre allocation. Au total, vous pouvez facilement dépasser 3 à 4% de frais totaux par an si vous faites de la gestion pilotée. Sur 30 ans, ces frais peuvent amputer plus d’un tiers de votre capital final.

La seule situation où le PER bancaire pourrait éventuellement se justifier concerne les personnes qui ont une relation bancaire très ancienne avec leur établissement et qui bénéficient d’avantages commerciaux spécifiques comme une réduction de frais ou un bonus de bienvenue significatif. Mais même dans ce cas, les avantages du PER assurantiel restent largement supérieurs.

Le PER assurantiel, le bon compromis

Le PER assurantiel proposé par les compagnies d’assurance traditionnelles comme AXA, Generali, Allianz ou Axa représente un bon compromis entre accompagnement personnalisé et performances. Ces contrats fonctionnent exactement comme une assurance vie multisupport. Vous avez accès à un fonds euros avec capital garanti et à des centaines d’unités de compte pour diversifier vos investissements.

Les frais pratiqués par les assureurs se situent dans une fourchette intermédiaire. Les frais sur versements oscillent entre 1 et 3% selon les négociations commerciales. Les frais de gestion annuels varient entre 0,8 et 1,5% pour les unités de compte et entre 0,6 et 1% pour le fonds euros. La gestion pilotée ajoute généralement 1,4 à 1,8% de frais supplémentaires par an. Au total, vous vous situez entre 1,3 et 3,5% de frais annuels selon votre mode de gestion et votre contrat.

L’avantage principal du PER assurantiel réside dans l’accompagnement personnalisé. Vous bénéficiez d’un conseiller attitré qui connaît votre situation patrimoniale globale et qui peut vous orienter vers les meilleurs supports en fonction de votre profil. Cet accompagnement humain rassure les épargnants qui ne sont pas à l’aise avec les marchés financiers et qui ont besoin d’être guidés dans leurs choix. La clause bénéficiaire personnalisable vous permet également d’organiser la transmission de votre capital selon vos souhaits, avec une exonération totale de prélèvements sociaux pour le conjoint survivant.

Le PER assurantiel convient parfaitement aux profils équilibrés qui recherchent un accompagnement humain et qui acceptent de payer des frais raisonnables en contrepartie. Si vous avez besoin d’être conseillé et rassuré, c’est la solution à privilégier. En revanche, si vous êtes autonome dans vos décisions d’investissement et que vous souhaitez optimiser les frais au maximum, les courtiers en ligne offrent une alternative encore plus attractive.

Le PER en ligne, l’optimal en termes de frais

Les courtiers en ligne comme Linxea, Nalo, Yomoni ou Ramify proposent des PER assurantiels avec des frais considérablement réduits par rapport aux acteurs traditionnels. Ces plateformes font l’impasse sur les réseaux d’agences physiques et les conseillers en chair et en os pour concentrer leurs efforts sur la technologie et l’automatisation. Le résultat, ce sont des économies de frais substantielles qui se répercutent directement sur la performance finale de votre épargne.

Les frais sur versements sont systématiquement à zéro chez tous les courtiers en ligne dignes de ce nom. Aucun prélèvement n’est effectué lorsque vous alimentez votre contrat, ce qui signifie que 100% de votre argent travaille pour vous dès le premier jour. Les frais de gestion annuels oscillent entre 0,5 et 1,6% selon les contrats et les supports choisis, soit environ moitié moins que les assureurs traditionnels. Les frais d’arbitrage sont également gratuits, ce qui vous permet de modifier votre allocation autant de fois que nécessaire sans pénalité.

Les courtiers en ligne proposent également des gammes de supports d’investissement beaucoup plus larges que les assureurs traditionnels. Vous avez accès à plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’unités de compte incluant des ETF à très faibles frais, des fonds actions diversifiés et des supports immobiliers. Cette diversité vous permet de construire une allocation vraiment personnalisée selon vos convictions d’investissement.

L’inconvénient principal du PER en ligne réside dans l’absence d’accompagnement humain personnalisé. Vous êtes seul face à votre ordinateur ou votre smartphone pour faire vos choix d’investissement. Certes, la plupart des plateformes proposent des parcours guidés et des questionnaires de profil pour vous orienter vers une allocation adaptée, mais vous n’avez personne au bout du fil pour vous rassurer en cas de baisse des marchés ou pour répondre à vos questions spécifiques.

Le PER en ligne convient parfaitement aux profils autonomes qui ont un minimum de culture financière et qui sont à l’aise avec les outils numériques. Si vous comprenez le fonctionnement des marchés financiers, si vous êtes capable de supporter les fluctuations à court terme et si vous recherchez la performance maximale en optimisant les frais, c’est clairement la meilleure option. Les économies de frais réalisées peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros sur la durée de vie de votre PER.

Tableau comparatif complet et chiffrage de l’impact des frais

Pour bien visualiser les différences entre ces trois types d’acteurs, voici un tableau comparatif détaillé qui reprend tous les critères importants.

Comparatif PER : banque vs assureur vs en ligne

CritèrePER Banque traditionnellePER AssureurPER En ligne
Type de contratCompte-titresAssurance-vieAssurance-vie
Fonds euros❌ Non✅ Oui (2-3%)✅ Oui (2-4%)
UC disponibles20-50100-300100-700
Frais versements2-3%1-3%0% ✅
Frais gestion/an FE0,8-1,2%0,6-1%0,3-0,8%
Frais gestion/an UC1-1,5%0,8-1,2%0,5-1%
Frais gestion pilotée1,6-2%1,4-1,8%1,4-1,6%
Frais arbitrage0-0,5%0-0,3%0% ✅
Conseil humain✅ Agence physique✅ Conseiller dédié❌ Autonomie
Clause bénéficiaire❌ Standard succession✅ Personnalisable✅ Personnalisable
PS décès conjoint17,2%0% ✅0% ✅
ExemplesBNP, Société Générale, Crédit AgricoleAXA, Generali, AllianzLinxea, Nalo, Yomoni
Profil recommandé⚠️ À éviter⭐ Équilibré accompagné⭐⭐ Autonome optimisation

Pour quantifier concrètement l’impact de ces différences de frais sur la durée, voici une simulation sur 30 ans avec des versements de 300 euros par mois et un rendement brut de 5% par an avant frais.

PER banque traditionnelle (frais totaux 2%/an)

  • Versements totaux : 108 000 euros
  • Rendement net après frais : 3% par an
  • Capital final à 30 ans : 175 000 euros

PER assureur (frais totaux 1,5%/an)

  • Versements totaux : 108 000 euros
  • Rendement net après frais : 3,5% par an
  • Capital final à 30 ans : 207 000 euros

PER en ligne (frais totaux 0,5%/an)

  • Versements totaux : 108 000 euros
  • Rendement net après frais : 4,5% par an
  • Capital final à 30 ans : 253 000 euros

La différence entre le PER bancaire le plus cher et le PER en ligne le moins cher représente 78 000 euros, soit 31% de capital final en moins uniquement à cause des frais. Même entre le PER assureur et le PER en ligne, l’écart atteint 46 000 euros, soit 18% de différence. Ces chiffres démontrent clairement que le choix de l’établissement a un impact considérable sur votre patrimoine final.

Les frais cachés du plan épargne retraite expliqués

La question des frais du PER mérite qu’on s’y attarde longuement car c’est un sujet sur lequel les établissements financiers manquent cruellement de transparence. Comme le souligne régulièrement le ministère de l’Économie dans ses communications publiques, les frais élevés du PER peuvent réduire significativement le rendement à long terme. Le problème, c’est que beaucoup d’épargnants ne prennent conscience de l’ampleur des frais qu’après plusieurs années de versements, quand il est trop tard pour changer facilement de contrat.

Les cinq couches de frais à connaître

Les frais d’un PER se décomposent en cinq catégories distinctes qui se superposent et qui viennent toutes amputer votre capital de manière cumulative. La première catégorie concerne les frais sur versements, prélevés à chaque fois que vous alimentez votre contrat. Ces frais oscillent entre 0 et 5% du montant versé selon l’établissement. Concrètement, si vous versez 10 000 euros avec 3% de frais sur versements, seuls 9 700 euros sont réellement investis et les 300 euros restants vont directement dans la poche de l’établissement. Sur 20 ans de versements réguliers, ces frais peuvent représenter plusieurs milliers d’euros de capital perdu.

La deuxième catégorie regroupe les frais de gestion annuels, appliqués chaque année sur l’encours total de votre contrat. Ils varient selon le type de support sur lequel vous investissez. Pour les fonds euros, les frais oscillent généralement entre 0,3 et 2% par an. Pour les unités de compte, ils se situent entre 0,2 et 1,2% par an. Ces frais sont prélevés automatiquement et viennent réduire le montant affiché sur votre relevé de compte. Plus votre encours grandit, plus ces frais deviennent élevés en valeur absolue même si le pourcentage reste constant.

La troisième catégorie, et c’est la plus sournoise, concerne les frais cachés des supports en unités de compte. Chaque fonds d’investissement prélève ses propres frais de gestion internes qui oscillent entre 0,5 et 3% par an selon les fonds. Le problème, c’est que ces frais sont déduits automatiquement de la performance du fonds avant même que vous ne la constatiez. Quand un fonds affiche 5% de performance et qu’il prélève 2% de frais internes, cela signifie que la performance brute était de 7%. Vous ne voyez jamais ces frais sur votre relevé de compte et beaucoup d’épargnants ignorent même leur existence.

Pour découvrir ces frais cachés, vous devez consulter le DICI (Document d’Information Clé pour l’Investisseur) de chaque fonds, dans lequel figure une ligne appelée « frais courants ». C’est ce pourcentage de frais courants qui est déduit chaque année de votre capital investi sur ce support. Si vous investissez 10 000 euros sur un fonds avec 2,5% de frais courants, vous payez 250 euros de frais par an sur ce seul support, en plus des frais de gestion du contrat PER lui-même. Ces frais s’additionnent et peuvent facilement porter votre ponction totale à 3 ou 4% par an.

La quatrième catégorie concerne les frais d’arbitrage, facturés lorsque vous modifiez la répartition de votre épargne entre les différents supports. Certains établissements ne facturent rien, d’autres prélèvent entre 0 et 0,5% du montant arbitré. Si vous faites régulièrement évoluer votre allocation pour l’adapter à votre situation ou aux conditions de marché, ces frais peuvent s’accumuler rapidement. Un arbitrage de 20 000 euros avec 0,5% de frais vous coûte 100 euros à chaque fois.

La cinquième et dernière catégorie regroupe les frais de transfert, appliqués si vous décidez de changer de PER pour aller vers un autre établissement. Ces frais peuvent atteindre jusqu’à 5% de l’encours total si votre contrat a moins de 5 ans. Entre 5 et 10 ans, ils sont dégressifs. Au-delà de 10 ans, le transfert devient gratuit. Sur un encours de 50 000 euros, 5% de frais de transfert représentent 2 500 euros de pénalité rien que pour quitter le contrat. C’est un moyen efficace pour les établissements de vous retenir captif même si vous n’êtes pas satisfait.

Un exemple concret qui fait peur

Pour bien comprendre l’impact cumulé de tous ces frais, prenons l’exemple d’un contrat PER souscrit auprès d’une banque traditionnelle avec des frais dans la fourchette haute. Vous versez 10 000 euros. Frais sur versements de 3%, il reste 9 700 euros investis. Vous placez 5 000 euros sur le fonds euros et 4 700 euros sur des unités de compte. Le fonds euros affiche 2,5% de rendement brut mais subit 0,8% de frais de gestion annuels du contrat, ce qui ramène le rendement net à 1,7%. Les unités de compte affichent 7% de rendement brut mais subissent 1,2% de frais de gestion du contrat plus 2% de frais internes du support, ce qui ramène le rendement net à 3,8%.

Au bout d’un an, votre capital fonds euros est passé de 5 000 à 5 085 euros. Votre capital unités de compte est passé de 4 700 à 4 879 euros. Votre capital total atteint 9 964 euros. Vous avez versé 10 000 euros, vous n’avez que 9 964 euros au bout d’un an alors que le marché a fait 7% de performance et que le fonds euros a fait 2,5%. Où est passée la différence ? Dans les frais. Les 300 euros de frais sur versements plus environ 136 euros de frais de gestion cumulés sur l’année vous ont coûté 436 euros, soit 4,36% de votre versement initial.

Maintenant, projetons cette situation sur 30 ans avec des versements de 300 euros par mois. Les frais sur versements vous coûtent 3% × 108 000 euros de versements totaux, soit 3 240 euros perdus avant même d’investir. Les frais de gestion annuels prélèvent en moyenne 1,5% par an sur un encours moyen de 140 000 euros, soit environ 2 100 euros par an pendant 30 ans, ce qui représente 63 000 euros de frais cumulés. Au total, vous aurez payé plus de 66 000 euros de frais sur 30 ans. Votre capital final aurait pu atteindre 241 000 euros sans frais, mais il n’atteint en réalité que 175 000 euros. Les frais vous ont fait perdre 66 000 euros, soit 27% de votre capital potentiel.

Comme le rappelle justement Benoît Berchebru, « certains contrats à 5% de frais sur versements sont parmi les contrats les plus chers du marché. C’est juste inacceptable. » Et il a raison. Quand un établissement prélève 5% sur chaque versement alors que les courtiers en ligne ne prélèvent rien, c’est une arnaque pure et simple déguisée en frais de gestion. L’épargnant moyen ne se rend pas compte de l’ampleur de la ponction car ces frais sont habilement dissimulés dans les conditions générales du contrat.

Comment éviter les frais excessifs ?

Pour minimiser l’impact des frais sur votre PER, suivez ces cinq recommandations pratiques. Première recommandation, privilégiez impérativement les PER en ligne qui ne facturent aucun frais sur versements. Linxea, Nalo, Yomoni et d’autres acteurs proposent tous des contrats sans frais d’entrée. Cette seule différence peut vous faire économiser plusieurs milliers d’euros sur la durée.

Deuxième recommandation, vérifiez que les frais de gestion totaux de votre contrat restent inférieurs à 1,6% par an tous supports confondus. Si vous êtes en gestion pilotée, assurez-vous que les frais de gestion pilotée ne dépassent pas 1,6% en plus des frais de gestion classiques, ce qui porterait le total maximum acceptable à environ 2,5% par an.

Troisième recommandation, consultez systématiquement le DICI de chaque support d’investissement pour identifier les frais courants qui se cachent à l’intérieur. Privilégiez les ETF et les fonds indiciels qui affichent généralement moins de 0,5% de frais courants. Évitez les fonds actifs avec plus de 2% de frais courants sauf si leur performance historique justifie largement ce surcoût.

Quatrième recommandation, choisissez un PER avec arbitrages gratuits pour pouvoir modifier votre allocation autant de fois que nécessaire sans pénalité. La plupart des courtiers en ligne et certains assureurs proposent cette gratuité. Évitez absolument les contrats qui facturent 0,5% par arbitrage car ces frais s’accumulent vite.

Cinquième recommandation, si vous avez déjà un PER avec des frais élevés et que votre contrat a plus de 10 ans, n’hésitez pas à le transférer vers un établissement moins cher. Le transfert est gratuit au-delà de 10 ans et vous pouvez économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros sur le long terme. Si votre contrat a moins de 10 ans, faites le calcul précis entre le coût du transfert et l’économie future de frais pour déterminer si l’opération est rentable.

Comment fonctionne la fiscalité du plan épargne retraite ?

La fiscalité du PER constitue un élément central de son attractivité mais aussi de sa complexité. Beaucoup d’épargnants se focalisent uniquement sur l’avantage fiscal à l’entrée sans vraiment comprendre comment fonctionne la fiscalité à la sortie et en cas de transmission. Voici tout ce qu’il faut savoir pour prendre vos décisions en connaissance de cause.

La fiscalité à l’entrée et l’effet multiplicateur

Le principe de base de la fiscalité à l’entrée est simple. Chaque euro versé sur votre PER est déduit de votre revenu imposable dans la limite des plafonds de déduction que nous avons détaillés plus haut. Cette déduction génère une économie d’impôt immédiate égale à votre taux marginal d’imposition multiplié par le montant versé. Si vous versez 10 000 euros avec une TMI de 30%, vous économisez 3 000 euros d’impôt. Si votre TMI est de 45%, vous économisez 4 500 euros.

Mais il existe un cas très particulier où l’économie fiscale peut dépasser largement ces pourcentages standards. Il s’agit de la situation où vous percevez un revenu exceptionnel qui déclenche l’application du système du quotient fiscal. Un revenu est considéré comme exceptionnel s’il dépasse la moyenne de vos trois dernières années de revenus. Les cas typiques incluent la cession d’une entreprise, un gros bonus discrétionnaire non contractuel, une prime de départ à la retraite ou tout autre revenu ponctuel important.

Quand vous percevez un tel revenu exceptionnel, l’administration fiscale applique le système du quotient pour limiter la progressivité de l’impôt. Le calcul fonctionne ainsi. Elle prend un quart de votre revenu exceptionnel, le soumet au barème de l’impôt sur le revenu, calcule la différence d’impôt par rapport à votre situation sans ce revenu, puis multiplie cette différence par quatre pour obtenir l’impôt total sur le revenu exceptionnel. Ce mécanisme évite que vous passiez brutalement dans les tranches supérieures sur l’intégralité du revenu.

La découverte importante faite par les experts du patrimoine, c’est que les versements PER viennent s’imputer sur le quart du revenu exceptionnel avant application du coefficient multiplicateur. Résultat, l’économie fiscale est elle aussi multipliée par quatre. Concrètement, si vous percevez 3 millions d’euros de cession d’entreprise avec une rémunération habituelle de 50 000 euros et que vous versez 10 000 euros sur un PER, votre économie fiscale ne sera pas de 4 500 euros (45% du versement) mais pourra atteindre 9 000 euros voire plus selon les effets de seuil, soit 90% du montant versé.

Sur certains profils avec une rémunération très basse et un revenu exceptionnel très élevé, l’économie fiscale peut même dépasser 100% et atteindre 150 à 180% du montant versé. Cela signifie que vous versez 10 000 euros et vous économisez 15 000 ou 18 000 euros d’impôt. Comme le précise Benoît Berchebru, « c’est parfaitement légal, c’est le système de l’administration fiscale. Tous les calculateurs arrivent à la même conclusion. » Cette stratégie nécessite toutefois un accompagnement par un expert du patrimoine car les calculs sont complexes et il faut optimiser précisément le montant versé pour maximiser l’effet multiplicateur.

La fiscalité à la sortie selon le mode de récupération

À la retraite, vous avez le choix entre trois modes de sortie qui entraînent chacun une fiscalité différente. Si vous optez pour la sortie en capital total, vous récupérez l’intégralité de votre épargne en une seule fois. Les sommes qui correspondent aux versements que vous aviez déduits fiscalement à l’entrée sont réintégrées dans votre revenu imposable de l’année de sortie et taxées à votre taux marginal d’imposition de l’année. Les plus-values générées par ces versements sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 12,8% d’impôt sur le revenu plus 17,2% de prélèvements sociaux. Si vous aviez effectué des versements non déduits, seuls les intérêts générés par ces versements sont imposés au PFU de 30%.

Si vous optez pour la sortie en rente viagère, la fiscalité dépend là encore du fait que vos versements aient été déduits ou non. Pour les rentes issues de versements déduits, elles sont imposées à l’impôt sur le revenu après application d’un abattement de 10% identique à celui des pensions de retraite classiques. Les prélèvements sociaux de 17,2% s’appliquent avec un abattement qui varie selon votre âge lors de la conversion en rente, de 40% si vous avez moins de 50 ans à 70% si vous avez plus de 70 ans. Pour les rentes issues de versements non déduits, elles sont imposées à l’impôt sur le revenu uniquement sur une fraction de la rente qui dépend de votre âge lors de la conversion, allant de 70% à moins de 50 ans à 30% à plus de 70 ans.

Si vous choisissez la sortie mixte avec une partie en capital et une partie en rente, chaque partie suit son propre régime fiscal comme expliqué ci-dessus. Cette option permet de récupérer immédiatement une partie de votre épargne pour financer un projet tout en vous garantissant un revenu régulier mensuel pour le reste.

Le point essentiel à retenir, c’est que la fiscalité à la sortie reprend l’avantage fiscal accordé à l’entrée pour les versements déduits. Si vous avez économisé 3 000 euros d’impôt en versant 10 000 euros avec une TMI de 30%, vous paierez environ 3 000 euros d’impôt en récupérant ces 10 000 euros si votre TMI à la retraite est toujours de 30%. L’opération est fiscalement neutre. Vous êtes gagnant uniquement si votre TMI à la retraite est inférieure à votre TMI actuelle. D’où l’importance de ne jamais effacer des tranches d’imposition trop basses qui vous coûteront plus cher à la sortie.

La fiscalité en cas de décès

La fiscalité en cas de décès suit des règles différentes selon votre âge au moment du décès. Si vous décédez avant 70 ans, le régime fiscal applicable est celui de l’article 990 I du Code général des impôts, identique au régime de l’assurance vie. Chaque bénéficiaire désigné dans votre clause bénéficiaire dispose d’un abattement personnel de 152 500 euros. Au-delà de cet abattement, les capitaux transmis sont taxés à 20% jusqu’à 700 000 euros puis à 31,25% au-delà. Cette fiscalité s’applique quel que soit le lien de parenté entre le défunt et le bénéficiaire. Votre conjoint ou partenaire de PACS reste totalement exonéré de cette taxation.

Si vous décédez après 70 ans, c’est le régime de l’article 757 B du Code général des impôts qui s’applique dans une version dégradée par rapport à l’assurance vie. Un abattement global de 30 500 euros s’applique sur l’ensemble des capitaux transmis, à partager entre tous les bénéficiaires désignés. Au-delà de cet abattement, les capitaux sont soumis aux droits de succession classiques selon le barème et les abattements applicables en fonction du lien de parenté. Pour un enfant, l’abattement de droit commun de 100 000 euros s’applique avant taxation au barème progressif allant de 5 à 45%.

La différence majeure avec l’assurance vie réside dans l’assiette de taxation. Sur l’assurance vie, seules les primes versées après 70 ans entrent dans l’assiette du 757 B, les intérêts capitalisés restent totalement exonérés. Sur le PER, l’assiette du 757 B comprend à la fois les primes versées ET les intérêts capitalisés. C’est ce que les professionnels appellent le 757 B dégradé. Sur un capital de 200 000 euros dont 120 000 euros de versements et 80 000 euros d’intérêts, l’assurance vie ne taxe que les 120 000 euros tandis que le PER taxe les 200 000 euros.

Toutefois, cette différence est largement compensée par un avantage fiscal considérable du PER que peu de gens connaissent. Quand vous désignez votre conjoint ou partenaire de PACS comme bénéficiaire unique de votre PER, il est non seulement totalement exonéré de droits de succession comme sur l’assurance vie, mais il est également exonéré de prélèvements sociaux sur les intérêts compris dans le capital décès. Sur l’assurance vie, même si le conjoint ne paie pas de droits de succession, il doit acquitter 17,2% de prélèvements sociaux sur la quote-part des intérêts. Cette exonération totale de prélèvements sociaux sur le PER représente une économie de plusieurs milliers d’euros.

C’est pourquoi la stratégie patrimoniale optimale recommandée par tous les experts consiste à désigner votre conjoint comme seul bénéficiaire de tous vos contrats PER et à réserver vos contrats d’assurance vie pour transmettre à vos enfants. Comme l’explique Benoît Berchebru, « mettre le conjoint comme seul bénéficiaire des PER et les enfants comme bénéficiaires des contrats d’assurance vie permet de gagner sur les deux tableaux. Protection du conjoint sur le PER avec zéro fiscalité totale y compris les prélèvements sociaux, et transmission aux enfants en assurance vie avec la compartimentation fiscale avantageuse qui ne taxe que les primes et exonère les intérêts. »

Il est inutile et même contre-productif de démembrer la clause bénéficiaire sur un PER contrairement à ce qui peut être pertinent sur l’assurance vie. Si vous décédez après 70 ans en ayant démembré votre clause avec le conjoint usufruitier et les enfants nus-propriétaires, le conjoint ne paiera certes rien, mais les enfants seront taxés en droits de succession sur la valeur de la nue-propriété selon le 757 B dégradé. Autant donner directement la pleine propriété au conjoint qui sera totalement exonéré.

Que devient l’argent d’un PER en cas de décès ?

En cas de décès avant d’avoir liquidé votre PER, les capitaux sont transmis aux bénéficiaires que vous avez désignés dans votre clause bénéficiaire. Contrairement au PER bancaire où les capitaux reviennent dans votre succession classique, le PER assurantiel fonctionne avec une clause bénéficiaire hors succession identique à celle de l’assurance vie. Vous pouvez désigner librement un ou plusieurs bénéficiaires en indiquant la répartition souhaitée entre eux.

La clause bénéficiaire standard proposée par défaut par les assureurs désigne généralement votre conjoint en premier rang, à défaut vos enfants nés ou à naître vivants ou représentés en parts égales, à défaut vos héritiers. Cette clause standard peut être modifiée à tout moment par courrier recommandé avec accusé de réception ou par testament. Vous pouvez par exemple désigner votre conjoint pour 100% et exclure totalement vos enfants, ou répartir entre votre conjoint et vos enfants selon des pourcentages que vous déterminez.

La transmission par décès d’un PER offre un avantage successoral majeur. Les capitaux transmis échappent aux règles de la réserve héréditaire qui s’imposent normalement dans une succession classique. Vous pouvez donc avantager librement l’un de vos enfants ou votre conjoint sans que les autres héritiers réservataires puissent contester cette répartition. Cette souplesse s’avère particulièrement utile dans les familles recomposées ou lorsque vous souhaitez protéger en priorité votre conjoint survivant.

Pour les capitaux décès transmis, la fiscalité suit les règles détaillées dans la partie précédente avec le régime 990 I avant 70 ans et le régime 757 B dégradé après 70 ans. L’essentiel est de bien comprendre qu’un PER assurantiel vous permet d’organiser votre transmission exactement comme avec une assurance vie, avec les mêmes outils et la même liberté de désignation des bénéficiaires. La seule différence porte sur la fiscalité applicable qui est légèrement moins avantageuse après 70 ans mais largement compensée par l’exonération totale de prélèvements sociaux pour le conjoint.

Faut-il transformer son PERP ou son Madelin en PER ?

C’est LA question que se posent tous les détenteurs d’anciens contrats PERP ou Madelin depuis la création du PER en 2019. Les banques et les assureurs poussent massivement à la transformation en mettant en avant la souplesse de sortie en capital du PER et les nouvelles possibilités de déblocage anticipé. Mais la réalité est beaucoup plus nuancée et dans de nombreux cas, transformer votre ancien contrat peut vous faire perdre des milliers d’euros. Voici les éléments d’analyse pour prendre la bonne décision selon votre situation.

Ce qui change vraiment entre PERP, Madelin et PER

Le PERP et le Madelin obligeaient à sortir en rente viagère obligatoire à la retraite. La seule exception concernait la possibilité de récupérer 20% du capital pour financer l’acquisition de votre résidence principale, et au-delà de 20% uniquement si vous étiez primo-accédant, c’est-à-dire locataire pendant les deux années précédant l’achat. Cette rigidité rebutait beaucoup d’épargnants qui ne voulaient pas s’enfermer dans un choix définitif.

Le PER supprime cette contrainte en vous laissant choisir librement entre capital, rente ou mixte au moment de la liquidation. Vous pouvez récupérer 100% en capital si vous le souhaitez, ou 50% en capital et transformer le reste en rente, ou toute autre répartition selon vos besoins du moment. Cette flexibilité constitue indéniablement un progrès majeur. Le déblocage anticipé pour l’achat de la résidence principale ne nécessite plus de justifier que vous êtes primo-accédant. Vous pouvez utiliser votre PER pour acheter votre logement principal à tout moment sans condition d’ancienneté locative.

Les tables de mortalité utilisées pour le calcul des rentes viagères ont évolué. Les anciens PERP et Madelin souscrits avant décembre 2012 pour les hommes utilisaient la table TPRV93 qui correspondait à une espérance de vie plus courte. Depuis cette date, tous les contrats utilisent la table TGF05 qui tient compte de l’allongement de l’espérance de vie. Les nouveaux PER utilisent également cette table TGF05. Si vous transformez un ancien contrat avec garantie TPRV93 vers un PER, vous perdez définitivement cette garantie et votre rente future sera calculée sur une espérance de vie plus longue, donc elle sera mécaniquement plus basse.

Les taux techniques garantis ont disparu. Certains vieux PERP proposaient un rendement minimum garanti à vie de 2 à 2,5% par an. Les nouveaux PER ne garantissent plus rien, le rendement des fonds euros oscille entre 2 et 3% sans garantie future. Si vous transformez un ancien contrat avec taux technique garanti, vous renoncez à cet avantage définitivement.

Les frais de transfert constituent un autre élément à prendre en compte. Si votre contrat PERP ou Madelin a moins de 5 ans, les frais peuvent atteindre 5% de l’encours. Entre 5 et 10 ans, ils sont dégressifs. Au-delà de 10 ans, le transfert est gratuit. Sur 30 000 euros, 5% de frais représentent 1 500 euros de pénalité immédiate.

La grille de décision : transformer ou conserver ?

Voici une grille complète pour vous aider à prendre la bonne décision selon votre situation personnelle. Vous devez transformer votre PERP ou Madelin en PER dans les situations suivantes.

Première situation favorable à la transformation. Votre encours dépasse 18 000 euros et vous n’avez pas de garantie particulière. Avec plus de 18 000 euros, vous ne bénéficiez pas de la sortie capital simplifiée à 7,5% du PERP. La transformation en PER vous permet de gagner en flexibilité avec le libre choix capital-rente sans surcoût fiscal.

Deuxième situation. Vous prévoyez d’utiliser votre épargne pour acheter votre résidence principale dans les prochaines années. Le PER permet un déblocage sans condition alors que le PERP impose des conditions strictes de primo-accession.

Troisième situation. Votre contrat a plus de 10 ans d’ancienneté. Le transfert est gratuit et vous ne perdez aucun euro en frais. Vous pouvez transformer sans risque pour bénéficier de la souplesse du PER.

Quatrième situation. Vous n’avez aucune garantie ancienne particulière comme une table de mortalité TPRV93 ou un taux technique garanti élevé. Dans ce cas, vous n’avez rien à perdre à transformer.

À l’inverse, vous devez absolument conserver votre PERP ou Madelin dans les situations suivantes.

Première situation critique. Votre encours est inférieur à 18 000 euros. En dessous de ce seuil, le PERP vous permet une sortie en capital simplifiée avec une taxation forfaitaire de 7,5% d’impôt sur le revenu plus 9,1% de prélèvements sociaux, soit un total de 16,6%. Si vous transformez en PER, la sortie en capital sera taxée à 12,8% d’impôt plus 17,2% de prélèvements sociaux, soit 29,9%. La différence de 13,3 points représente plusieurs milliers d’euros de perte sur votre capital.

Prenons un exemple chiffré. Vous avez 12 000 euros sur votre PERP. Sortie capital PERP à la retraite, taxation de 12 000 euros × 16,6% égale 1 992 euros. Il vous reste 10 008 euros nets. Sortie capital PER après transformation, taxation de 12 000 euros × 29,9% égale 3 588 euros. Il vous reste 8 412 euros nets. La transformation vous fait perdre 1 596 euros nets, soit 13% de votre capital pour rien.

Deuxième situation critique. Vous bénéficiez d’une table de mortalité garantie ancienne TPRV93. Cette garantie était proposée aux hommes sur les contrats souscrits avant le 21 décembre 2012. L’espérance de vie utilisée dans cette table est plus courte que la table TGF05 actuelle, ce qui génère mécaniquement des rentes viagères plus élevées.

Sur un capital de 50 000 euros pour un homme de 65 ans, la rente avec table TPRV93 s’élève à environ 220 euros par mois soit 2 640 euros par an. Avec la table TGF05 du PER, la rente tombe à 180 euros par mois soit 2 160 euros par an. La différence de 480 euros par an représente 7 200 euros sur 15 ans de retraite. Si vous transformez, vous perdez définitivement ces 7 200 euros de rente supplémentaire.

Troisième situation critique. Votre contrat bénéficie d’un taux technique garanti élevé. Certains anciens PERP proposaient 2 à 2,5% de rendement minimum garanti à vie. Les nouveaux PER ne garantissent rien et les fonds euros actuels oscillent entre 2 et 3% sans garantie. Vérifiez vos conditions générales pour identifier si vous disposez de cette garantie. Si c’est le cas, conservez précieusement votre contrat.

Quatrième situation. Votre contrat a moins de 5 ans. Les frais de transfert atteignent 5% de l’encours, soit 1 500 euros sur 30 000 euros. À moins que les avantages du PER ne compensent largement ces frais, attendez au moins 10 ans pour transférer gratuitement.

Cinquième situation. Vous privilégiez une sortie en rente viagère et votre contrat PERP ou Madelin applique 9,1% de prélèvements sociaux sur la rente totale. Sur le PER, les prélèvements sociaux s’élèvent à 17,2% mais avec un abattement de 40 à 70% selon l’âge lors de la conversion. Sur de petites rentes, le régime du PERP peut s’avérer plus avantageux. Faites le calcul précis selon votre situation.

Trois cas pratiques de transformation

Cas 1 : PERP 12 000 euros, 58 ans, proche retraite, pas de garantie

Votre situation. Vous avez un PERP avec 12 000 euros d’encours souscrit en 2015. Pas de table de mortalité garantie ancienne. Pas de taux technique garanti. Vous partez à la retraite dans 7 ans à 65 ans. Vous vous demandez si vous devez transformer.

Analyse. Votre encours de 12 000 euros est inférieur au seuil de 18 000 euros. Vous bénéficiez donc de la sortie capital simplifiée à 7,5% sur le PERP. Si vous transformez en PER, vous perdez cet avantage et vous serez taxé à 29,9% à la sortie. La transformation vous ferait perdre environ 1 600 euros nets sur votre capital. Votre contrat a 11 ans, le transfert serait gratuit. Mais l’économie fiscale du PERP compense largement l’absence de souplesse de sortie.

Verdict. Conservez votre PERP. Ne versez plus rien dessus et ouvrez un PER individuel à côté si vous souhaitez continuer votre épargne retraite avec la souplesse du nouveau dispositif. Vous bénéficierez du meilleur des deux mondes.

Cas 2 : Madelin 80 000 euros, 62 ans, table TPRV93, retraite proche

Votre situation. Vous êtes profession libérale avec un contrat Madelin souscrit en 2009. Encours actuel de 80 000 euros. Vous êtes un homme et votre contrat bénéficie de la table de mortalité garantie TPRV93. Vous partez à la retraite dans 3 ans à 65 ans.

Analyse. Votre table TPRV93 vous garantit une rente significativement plus élevée qu’avec la table TGF05 du PER. Sur 80 000 euros, la différence peut atteindre 60 à 80 euros par mois de rente, soit 10 000 à 14 000 euros sur 15 ans de retraite. Même si le PER vous offre la souplesse de sortir en capital, cette perte de rente viagère est considérable. Votre contrat a 17 ans, le transfert serait gratuit, mais vous perdriez une garantie en or.

Verdict. Conservez absolument votre Madelin. La table de mortalité garantie est un trésor qu’on ne retrouve plus sur les contrats actuels. Privilégiez la sortie en rente pour profiter pleinement de cet avantage.

Cas 3 : PERP 25 000 euros, 54 ans, pas de garantie, contrat récent

Votre situation. Vous avez un PERP souscrit en 2018 avec 25 000 euros d’encours. Pas de garantie particulière. Vous partez à la retraite dans 13 ans à 67 ans. Vous hésitez à transformer.

Analyse. Votre encours dépasse 18 000 euros donc vous ne bénéficiez pas de la sortie capital simplifiée du PERP. Transformer en PER vous donnerait la souplesse de choisir entre capital et rente à la retraite. Votre contrat a 8 ans, les frais de transfert seraient dégressifs mais pas gratuits. Attendez encore 2 ans pour atteindre 10 ans d’ancienneté et bénéficier de la gratuité.

Verdict. Attendez 2 ans puis transformez votre PERP en PER gratuitement. Vous gagnerez en flexibilité sans rien perdre puisque vous n’avez pas de garantie particulière à préserver. D’ici là, continuez à alimenter votre PERP normalement si votre TMI le justifie.

Les questions fréquentes sur le plan épargne retraite

Peut-on avoir plusieurs PER en même temps ?

Oui, vous pouvez tout à fait détenir plusieurs contrats PER individuels auprès de différents établissements. Rien ne vous interdit de cumuler un PER chez votre banque, un PER chez un assureur et un PER chez un courtier en ligne. Toutefois, cette multiplication des contrats présente peu d’intérêt et peut même devenir contre-productive. Chaque contrat applique ses propres frais de gestion annuels qui s’additionnent. Si vous payez 1% de frais sur trois contrats de 20 000 euros chacun, vous payez 600 euros par an au total alors que vous paieriez 600 euros sur un seul contrat de 60 000 euros. Vous multipliez également les interlocuteurs et les suivis administratifs. La stratégie optimale consiste à concentrer votre épargne sur un seul contrat PER avec les frais les plus bas possibles, idéalement un PER en ligne sans frais sur versements.

Quelle est la différence entre PER et assurance vie ?

Le PER et l’assurance vie partagent de nombreux points communs mais diffèrent sur des aspects essentiels. Voici un tableau comparatif complet.

Comparatif PER vs Assurance vie

CritèrePERAssurance vie
Fiscalité entréeDéduction IR dans limites plafondsAucun avantage fiscal
Fiscalité sortieReprise IR à TMI retraiteAbattement 4 600€ puis PFU 30% après 8 ans
DisponibilitéBloqué jusqu’à retraite (7 cas déblocage)Disponible à tout moment
SortieCapital, rente ou mixteCapital uniquement (rente possible)
Fiscalité décès < 70 ans990I (152 500€/bénéficiaire)990I (152 500€/bénéficiaire)
Fiscalité décès > 70 ans757B dégradé (30 500€ total)757B (30 500€ total, primes uniquement)
PS décès conjoint0%17,2%
ObjectifRetraite par capitalisationÉpargne polyvalente
RecommandationTMI ≥ 30%, horizon > 10 ansÉpargne disponible, tous profils

La complémentarité entre PER et assurance vie est évidente. Le PER optimise fiscalement l’épargne que vous êtes certain de ne pas toucher avant la retraite. L’assurance vie vous offre flexibilité et disponibilité pour tous vos autres projets. Les deux enveloppes doivent coexister dans une stratégie patrimoniale équilibrée.

Faut-il choisir sortie en capital ou en rente à la retraite ?

Cette décision dépend essentiellement de votre situation fiscale et patrimoniale au moment de la retraite. La sortie en capital présente l’avantage de la simplicité. Vous récupérez tout d’un coup et vous êtes libre de gérer cet argent comme vous le souhaitez. Vous pouvez le réinvestir sur une assurance vie pour conserver une gestion souple, financer des projets immédiats ou faire des donations à vos enfants. L’inconvénient, c’est que vous supportez la fiscalité intégralement l’année de la sortie, ce qui peut vous faire basculer dans des tranches supérieures d’imposition.

La sortie en rente vous garantit un revenu régulier à vie. Vous ne pouvez jamais épuiser votre capital même si vous vivez très longtemps. La fiscalité est étalée sur toute la durée de la rente plutôt que concentrée sur une seule année. En revanche, vous perdez la flexibilité de disposer de gros montants ponctuels si vous en avez besoin. La solution mixte combine les avantages des deux formules. Vous récupérez une partie en capital pour financer vos projets immédiats et vous transformez le reste en rente pour sécuriser un revenu régulier. C’est souvent la formule la plus équilibrée.

Que se passe-t-il si je verse au-delà de mon plafond de déduction ?

Si vous versez au-delà de votre plafond de déduction disponible, la partie excédentaire reste bloquée dans votre PER jusqu’à la retraite mais ne vous donne aucun avantage fiscal à l’entrée. Concrètement, sur un plafond de 5 000 euros, si vous versez 8 000 euros, seuls les 5 000 premiers euros sont déductibles de votre revenu imposable. Les 3 000 euros excédentaires sont des versements non déductibles. Ces 3 000 euros restent encapsulés dans votre contrat jusqu’à la retraite sans vous avoir procuré le moindre avantage fiscal. À la sortie, seuls les intérêts générés par ces 3 000 euros seront imposés, le capital de 3 000 euros sera exonéré puisqu’il n’a jamais été déduit. Mais vous aurez perdu des années de disponibilité sur cet argent pour rien.

C’est pourquoi il est absolument essentiel de calculer précisément vos plafonds avant de verser. Un versement excessif par erreur peut vous faire perdre des milliers d’euros de flexibilité. Comme le rappelle l’anecdote rapportée par Benoît Berchebru, un épargnant a versé 41 000 euros au lieu de 4 100 euros par erreur de son stagiaire. Les 36 900 euros excédentaires sont restés bloqués définitivement sans aucun avantage fiscal. Il n’existe aucun recours possible, l’administration fiscale ne reviendra pas sur l’opération.

Le PER protège-t-il de l’IFI ?

La question de l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) fait débat concernant le PER. Les anciens PERP et Madelin étaient exonérés d’IFI car ils étaient considérés comme des contrats non rachetables avant la retraite. Le PER permet théoriquement le rachat anticipé dans sept cas définis, ce qui pourrait le rendre imposable à l’IFI selon une interprétation stricte de la loi. Toutefois, l’administration fiscale n’a pas encore tranché officiellement cette question et plusieurs experts estiment que le PER devrait rester exonéré d’IFI. En l’absence de doctrine fiscale claire, la prudence recommande de ne pas compter sur l’exonération IFI du PER si vous êtes concerné par cet impôt.

Faut-il choisir gestion libre ou gestion pilotée ?

La gestion pilotée convient si vous n’avez aucune connaissance des marchés financiers et que vous ne souhaitez pas vous occuper de votre allocation. Le gestionnaire ajuste automatiquement la répartition entre fonds euros et unités de compte au fil du temps pour sécuriser progressivement votre capital à l’approche de la retraite. L’inconvénient, ce sont les frais supplémentaires de 1,4 à 1,8% par an qui viennent amputer significativement votre rendement. Sur 20 ans, ces frais peuvent vous coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros.

La gestion libre convient si vous avez un minimum de connaissances financières ou si vous êtes prêt à vous former. Vous choisissez vous-même vos supports et vous ajustez votre allocation une ou deux fois par an selon votre situation. Vous économisez les frais de gestion pilotée et vous gardez le contrôle total. La stratégie la plus simple en gestion libre consiste à définir une allocation cible selon votre âge, par exemple 50% fonds euros et 50% ETF monde si vous avez 15 ans devant vous, puis à rééquilibrer une fois par an pour maintenir cette répartition.

Le PER sera-t-il obligatoirement clôturé à la retraite ?

Non. L’amendement qui proposait d’obliger les titulaires de PER à liquider leur contrat entre 65 et 70 ans a été définitivement abandonné fin 2025 suite aux nombreuses critiques des professionnels du patrimoine et des associations de consommateurs. Votre PER reste ouvert indéfiniment après votre départ à la retraite et vous gardez la liberté de le dénouer quand vous le souhaitez. Vous pouvez le liquider immédiatement à 62 ans si vous avez besoin du capital, attendre 70 ans pour optimiser la fiscalité ou même ne jamais le liquider et le transmettre par décès à vos bénéficiaires. Cette flexibilité est désormais acquise et ne devrait plus être remise en question.

Faut-il tout mettre en PER ou garder l’assurance vie ?

La stratégie optimale consiste à combiner les deux enveloppes plutôt qu’à choisir l’une ou l’autre. L’assurance vie doit constituer votre socle d’épargne disponible pour tous vos projets de vie à moyen terme. C’est votre coussin de sécurité sur lequel vous pouvez compter en cas d’imprévu ou d’opportunité. Le PER doit venir en complément pour optimiser fiscalement l’épargne que vous êtes absolument certain de ne pas toucher avant la retraite. Concrètement, si vous épargnez 500 euros par mois, mettez par exemple 300 euros en assurance vie et 200 euros en PER. Cette répartition 60-40 vous garantit une bonne dose de flexibilité tout en optimisant votre fiscalité.

Comment choisir entre PER banque, assureur et en ligne ?

La réponse est simple. Privilégiez toujours un PER en ligne si vous êtes autonome dans vos décisions d’investissement. Les frais sont jusqu’à trois fois moins élevés que les PER bancaires, ce qui peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros d’économie sur 30 ans. Si vous avez absolument besoin d’un accompagnement humain et que vous êtes prêt à payer pour ce service, optez pour un PER assurantiel auprès d’un assureur traditionnel. Évitez en revanche le PER bancaire qui cumule les inconvénients des frais élevés, de l’absence de fonds euros et d’une fiscalité de transmission moins favorable.