Vous avez arrêté de travailler, votre pension tombe chaque mois et quelqu’un vous parle d’ouvrir un plan d’épargne retraite. La question semble absurde à première vue. Le PER n’est-il pas fait pour préparer la retraite, justement ?
En réalité, des milliers de retraités souscrivent un PER chaque année. Certains pour réduire leurs impôts sur des revenus locatifs. D’autres pour transmettre un capital à leurs héritiers dans de meilleures conditions. Mais d’autres encore se font vendre un produit qui ne leur correspond pas du tout.
La vraie question n’est donc pas « peut-on ouvrir un PER à la retraite ? » mais « est-ce vraiment intéressant dans votre situation ? » et surtout « jusqu’à quel âge cela a-t-il encore du sens ? ». Dans cet article, on vous répond sans détour, avec les chiffres 2026 à l’appui.
En bref
Ouvrir un PER à la retraite est légalement possible sans limite d’âge. Mais trois points changent tout. D’abord, le plafond de déduction fiscale est beaucoup plus faible pour un retraité sans revenus professionnels : 4 710 euros en 2026. Ensuite, depuis le budget 2026, la déduction fiscale n’est plus possible après 70 ans. Enfin, certains assureurs refusent les souscriptions passé un certain âge, même si la loi ne l’impose pas. Ce produit n’est donc pertinent que dans des cas précis que nous allons détailler.
Peut-on ouvrir un PER à la retraite ?
La réponse est oui, sans ambiguïté sur le plan légal. La loi PACTE de 2019, qui a créé le PER, ne prévoit aucune condition liée à l’âge ou au statut professionnel. La seule limite légale est d’avoir au moins 18 ans, obligation introduite au 1er janvier 2024 avec la suppression du PER mineur.
Un retraité peut donc tout à fait souscrire un PER individuel à 63 ans, 67 ans ou même 72 ans. Il n’a pas besoin d’exercer une activité professionnelle pour y avoir accès et peut effectuer des versements libres, ponctuels ou programmés selon ses capacités financières.
Là où la réalité se complique, c’est du côté des assureurs. En pratique, certains établissements imposent un âge limite de souscription dans leurs conditions générales. Cette limite n’est pas fixée par la loi mais relève d’une décision commerciale propre à chaque assureur. Elle varie selon les contrats et les organismes. Avant de vous engager, il est donc indispensable de vérifier les conditions d’acceptation du contrat visé.
L’âge limite pour ouvrir un PER : ce que dit vraiment la loi
Aucun texte légal ne fixe d’âge maximum pour ouvrir un PER. Sur ce point, la loi est claire et les sites officiels comme service-public.fr le confirment. Le PER est accessible à toute personne physique majeure, qu’elle soit salariée, retraitée, en recherche d’emploi ou sans activité.
Mais il existe une limite fiscale importante que peu d’articles mentionnent clairement. Depuis le budget 2026, les versements effectués sur un PER après 70 ans n’ouvrent plus droit à déduction fiscale. C’est une rupture majeure par rapport aux règles précédentes et un point que beaucoup de sites financiers passent encore sous silence parce qu’ils vendent des PER.
Concrètement, cela signifie qu’entre 60 et 70 ans vous pouvez encore profiter de l’avantage fiscal du PER même en étant retraité. Passé 70 ans, vous pouvez toujours ouvrir et alimenter un PER mais l’intérêt fiscal à l’entrée disparaît totalement. L’objectif devient alors exclusivement patrimonial, pour la transmission à vos héritiers et dans ce cas d’autres enveloppes comme l’assurance-vie méritent d’être sérieusement comparées.
| Situation | Déduction fiscale possible ? | Intérêt principal |
|---|---|---|
| Retraité de moins de 70 ans | ✅ Oui, dans la limite du plafond | Réduction d’impôt + transmission |
| Retraité de plus de 70 ans | ❌ Non depuis le budget 2026 | Transmission uniquement |
Pourquoi ouvrir un PER à la retraite peut avoir du sens ?
Pour un retraité, l’intérêt du PER repose presque entièrement sur sa tranche marginale d’imposition. Plus votre TMI est élevée une fois à la retraite, plus l’avantage fiscal des versements est significatif. Et contrairement aux idées reçues, certains retraités restent dans des tranches d’imposition élevées.
C’est le cas notamment des retraités qui perçoivent des revenus locatifs importants en plus de leur pension. Ces revenus s’ajoutent à la pension et peuvent maintenir un TMI à 30 % voire 41 %. Dans ce cas, verser sur un PER permet de déduire ces versements du revenu imposable et de réduire immédiatement l’impôt dû.
Le cumul emploi-retraite est une autre situation où le PER garde tout son sens. Un retraité qui continue à exercer une activité professionnelle dispose de revenus professionnels qui lui ouvrent un plafond de déduction bien plus favorable que le plafond minimum de 4 710 euros réservé aux retraités inactifs.
Enfin, la transmission patrimoniale est un motif légitime pour ouvrir un PER avant 70 ans. En cas de décès, les capitaux transmis aux bénéficiaires désignés bénéficient d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans, ce qui peut représenter une économie considérable sur les droits de succession.
Le plafond de déduction du retraité en 2026 : les chiffres exacts
C’est ici que beaucoup de retraités ont une mauvaise surprise. Le plafond de déduction d’un retraité sans revenus professionnels est plafonné à 10 % du PASS de l’année précédente. En 2026, cela représente exactement 4 710 euros de versements déductibles, calculé sur la base du PASS 2025 fixé à 47 100 euros.
Ce montant est sans commune mesure avec les plafonds dont bénéficient les actifs. Un salarié peut déduire jusqu’à 37 680 euros en 2026. Un travailleur non-salarié peut aller jusqu’à 88 911 euros. Le retraité inactif est donc limité à un avantage fiscal modeste.
Exemple concret Jean-Pierre a 65 ans, il est retraité et perçoit 14 000 euros de revenus fonciers nets par an en plus de sa pension. Sa TMI est de 30 %. En versant 4 710 euros sur son PER en 2026, il réduit son revenu imposable de ce montant et économise 1 413 euros d’impôt (30 % de 4 710 €). Si ses frais de contrat restent raisonnables, l’opération est rentable.
Bonne nouvelle depuis le budget 2026 : le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans. Si Jean-Pierre n’avait pas utilisé tout son plafond les années précédentes, il peut cumuler ces droits non consommés pour effectuer un versement plus important une année donnée. Les couples mariés ou pacsés peuvent également mutualiser leurs plafonds respectifs pour optimiser l’avantage fiscal du foyer.
Quand ouvrir un PER à la retraite est une mauvaise idée ?
Si vous n’êtes pas ou peu imposable, le PER ne sert à rien à l’entrée. La déduction fiscale n’a de valeur que si vous payez des impôts. Un retraité dont le TMI est à 0 % ou 11 % n’a aucune économie d’impôt à attendre de ses versements. Dans ce cas il vaut mieux orienter son épargne vers un livret A, une assurance-vie ou un PEA selon ses objectifs.
Si vous avez plus de 70 ans, la déduction fiscale n’existe plus depuis le budget 2026. Ouvrir un PER à cet âge dans une logique de transmission reste possible mais l’assurance-vie offre souvent une fiscalité successorale comparable avec davantage de souplesse sur les retraits du vivant. Si vous souhaitez approfondir sur le choix entre assurance-vie et PER, nous avons fait un guide.
Si votre horizon de placement est très court, les frais du contrat risquent d’effacer le bénéfice fiscal. Un PER présentant des frais sur versements de 2 à 3 % et des frais de gestion annuels de 1 % peut neutraliser totalement l’économie d’impôt réalisée si vous sortez le capital dans les deux ou trois ans qui suivent.
Les PER en ligne avec des frais réduits voire nuls sur les versements changent ce calcul mais méritent tout de même d’être comparés à d’autres placements.
Enfin si votre TMI à la retraite est la même qu’elle était pendant votre vie active, la déduction à l’entrée ne vous apporte pas d’avantage réel. Vous serez imposé à la sortie au même taux que celui auquel vous avez déduit à l’entrée. Le PER ne fait alors que décaler l’imposition dans le temps sans vous faire économiser quoi que ce soit.
Peut-on garder son PER après la retraite ?
Oui et c’est même une stratégie que beaucoup de retraités n’envisagent pas. La loi ne vous oblige pas à liquider votre PER au moment de votre départ à la retraite. Vous pouvez conserver votre contrat aussi longtemps que vous le souhaitez et continuer à y effectuer des versements sans limite d’âge.
Cette possibilité de garder un PER après la retraite peut s’avérer utile si votre situation fiscale évolue. Par exemple, un retraité qui hérite d’un bien immobilier et se retrouve avec des revenus fonciers supplémentaires peut décider de recommencer à alimenter son PER pour réduire la nouvelle charge fiscale qui en résulte.
Concernant la sortie, vous avez le choix entre une sortie en capital, une sortie en rente viagère ou une combinaison des deux.
Cette flexibilité est l’un des atouts du PER par rapport aux anciens produits comme le PERP. Pour les versements issus de votre épargne volontaire, vous pouvez choisir librement le moment et la forme de votre sortie en fonction de vos besoins et de votre situation fiscale du moment.
Comment ouvrir un PER à la retraite ?
La première étape avant toute souscription est de vérifier la politique d’âge de l’assureur que vous visez. La loi ne fixe pas de limite mais les conditions générales de certains contrats le font. Un simple appel ou la lecture des conditions générales suffit à le confirmer.
Ensuite, comparez les frais avec attention. Les PER en ligne proposés par des acteurs comme Linxea, Meilleurtaux Placement ou Pretto Épargne affichent souvent des frais sur versements nuls et des frais de gestion inférieurs à 0,5 % par an.
C’est très différent des PER distribués par les réseaux bancaires traditionnels qui peuvent pratiquer des frais sur versements de 2 à 4 % et des frais de gestion au-delà de 1 % par an. Sur un horizon court ces écarts ont un impact direct sur votre rentabilité nette.
Vous aurez besoin d’une pièce d’identité en cours de validité, d’un justificatif de domicile et selon les établissements d’une fiche de renseignements sur votre situation patrimoniale. La souscription en ligne prend généralement moins d’une heure et permet de comparer plusieurs contrats côte à côte avant de s’engager.
Pensez également à vérifier la clause bénéficiaire dès l’ouverture. C’est elle qui déterminera comment votre capital sera transmis à votre décès et dans quelles conditions fiscales. Une clause mal rédigée peut annuler une partie de l’avantage successoral que vous cherchiez à obtenir.
FAQ sur l’ouverture d’un PER à la retraite
Peut-on ouvrir un PER après la retraite sans avoir de revenus professionnels ?
Oui. Aucune condition de revenus professionnels n’est exigée pour souscrire un PER individuel. En revanche, l’absence de revenus professionnels réduit votre plafond de déduction fiscale à 4 710 euros en 2026. Si vous n’êtes pas imposable, l’avantage fiscal est nul et le PER perd l’essentiel de son intérêt.
Y a-t-il un âge limite légal pour ouvrir un PER ?
Non. La loi ne fixe pas d’âge maximum pour souscrire un PER individuel. En revanche certains assureurs imposent leurs propres limites commerciales. Et depuis le budget 2026, la déduction fiscale des versements n’est plus possible après 70 ans, ce qui réduit considérablement l’intérêt du produit pour les personnes qui ont dépassé cet âge.
Peut-on garder son PER après la retraite sans le liquider ?
Oui, il n’existe aucune obligation de liquider son PER au moment du départ à la retraite. Vous pouvez conserver votre contrat, continuer à l’alimenter si vous avez des revenus imposables et choisir le moment de votre sortie selon votre situation fiscale. Certains retraités attendent quelques années pour sortir leur capital dans une période où leur TMI est plus faible.
Le PER est-il meilleur que l’assurance-vie pour un retraité ?
Cela dépend entièrement de votre situation. Le PER offre un avantage fiscal immédiat à l’entrée si vous êtes imposable et avez moins de 70 ans. L’assurance-vie offre en revanche une disponibilité permanente de l’épargne et une fiscalité sur les gains adoucie après huit ans de détention. Pour un retraité peu ou pas imposable ou qui a plus de 70 ans, l’assurance-vie est souvent plus adaptée.
Peut-on ouvrir un PER à la retraite pour transmettre un capital à ses enfants ?
Oui et c’est l’un des rares cas où cela reste pertinent même après 70 ans. Pour les versements effectués avant 70 ans, chaque bénéficiaire désigné bénéficie d’un abattement de 152 500 euros sur le capital transmis en cas de décès. Après 70 ans, cet abattement tombe à 30 500 euros global tous bénéficiaires confondus. L’assurance-vie mérite alors d’être sérieusement comparée pour la transmission.
Quel est le plafond de déduction pour un retraité en 2026 ?
Un retraité sans revenus professionnels peut déduire au maximum 4 710 euros de versements en 2026, soit 10 % du PASS 2025 fixé à 47 100 euros. S’il n’a pas utilisé tout son plafond les années précédentes, il peut reporter les droits non consommés sur cinq ans depuis le budget 2026 contre trois ans auparavant.

